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«L’histoire se répète, tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce» Karl Marx
Les événements du 19 avril dernier suivant un scénario écrit d’avance et savamment distillé à renfort de menaces et de propagande par une opposition aux abois devait accoucher d’un 23 juin bis. Sauf qu’à l’arrivée, la montagne insurrectionnelle planifiée par un quarteron d’insurgés déjantés a accouché d’une souris avec des leaders qui se sont rendus sans protester à la police et quelques pneus brulés. Bilan de la journée : une dizaine de chefs de parti arrêtés, des blessés et des dégâts, selon l’opposition. Zéro blessé et zéro dégât du coté de la police .Trouver l’erreur ! Bref on nous annonçait l’enfer au mieux, au pire une révolution qui allait emporter un régime dont la légitimité ne fait pas l’ombre d’un doute même chez les adversaires politiques les plus acharnés du Président Macky Sall.
Dès lors, la question qu’on pourrait se poser est de savoir, pourquoi le 19 avril envisagé par les contempteurs du régime comme une reproduction du 23 juin 2011, n’a pas produit le même séisme politique jeudi dernier. Pour tenter un début de réponse à cette question, il suffit de rappeler à nos manifestants endimanchés l’antienne marxiste : «L’histoire se répète tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce.» De fait, de farce, on a eu droit à une véritable commedia d’el arte.
Une lecture critique des deux journées que nos présumés stratèges politiques ont oublié de faire. D’abord, l’introduction dans le corpus législatif d’un ticket nous faisant acheter deux Wade pour le prix d’un et l’exigence de rationaliser les candidatures à l’élection présidentielle en verrouillant le système par le principe d’un parrainage cito­yen, ne sont de la même veine démocratique. Ensuite, cette réforme proposée à la représentation parlementaire, contrairement au fameux ticket présidentiel, est le fruit d’une large concertation entamée au niveau du dialogue national initié par le président de la République, avec tous les acteurs politiques et de la Société civile et poursuivie au sein des commissions techniques de l’Assemblée nationale. Ensuite, et c’est à nos yeux le plus important, la grande majorité de nos concitoyens ne se sont pas sentis concernés par les agissements désespérés d’une certaine opposition adepte de la stratégie du bord de l’abime. Bref, le pays a tranquillement survécu au tsunami annoncé, le projet de loi a été voté par une majorité qualifiée, avec le président Mous­tapha Niasse qui a fait preuve d’une sérénité à toute épreuve et d’une maitrise affirmée.
Pour autant, comme le Prési­dent Macky Sall s’y est toujours engagé, il ne faut pas fermer la porte au dialogue, y compris avec l’opposition. Notre conviction est que personne ne peut être contre une rationalisation de l’espace politique et que certains opposants restent persuadés que la loi susvisée serait contre leur ambition légitime de briguer le suffrage des Séné­galais. Dans l’élaboration des décrets d’application, il y a de la place pour le chef de l’Etat de lever les derniers doutes sur leurs appréhensions, même non fondées. Car, comme le soulignait Albert Camus : «La démocratie n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité.»
Ahmed Yousseph
BENGELLOUN
Président du Mouvement Kaolack Nouvelle Vision
KNV)
Responsable politique Apr /Kaolack

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