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La nouvelle génération doit mieux s’organiser. C’est en résumé le conseil donné par les anciens du rap galsen. Qui dans leur majorité ont condamné les clashes et les jugent inopportuns.

S’il est indéniable que le rap Galsen a grandi comparé aux années 90,  il n’a toujours pas atteint le niveau des grands noms du hip-hop mondial. Et pour les anciens, c’est à la nouvelle génération de porter ce  combat. «Ils ont tous les éléments pour réussir», explique Pindra dans les premières heures qui ont suivi la sortie de Booba. Pour ce producteur, «c’est l’organisation qui fait défaut». Il conseille à la nouvelle génération qu’il juge «pétrie de talents» d’utiliser internet à bon escient  «au lieu de passer leur temps à  s’échanger des insultes». Pindra, nostalgique de son époque, rappelle que «dans les années 90, les cachets étaient beaucoup plus importants qu’aujourd’hui et que le plus nul des rappeurs arrivait facilement à écouler 1000 exemplaires». Et si la nouvelle génération veut atteindre le niveau des Nigérians, pour le patron de Optimist production il faut jeter les bases d’un marché bien structuré. Il dit : «Ce ne sont pas les clashes qui vont ternir davantage l’image du rap qui va nous faire atteindre ce niveau.» Le ton est nettement moins conciliant pour Drygun de Yaftou. Pour celui qui s’est converti dans le Street wear, il faut revenir déjà aux bases du hip-hop avant de parler de marché : «On ne peut pas écrire un texte de 4 mesures et le répéter pour espérer avoir du succès.» Il qualifie l’écriture de la nouvelle génération à du « fastfood ». «Ils font des morceaux qu’ils balancent sur internet juste pour un semblant de succès», a-t-il expliqué avant de les inviter «à travailler d’avantage la profondeur du texte». Pour Drygun, la qualité du travail est le préalable d’une création de marché.
Dans la même veine Amadou Fall Ba met l’accent sur la formation. «On est 3 000 groupes pour 12 millions d’habitants. Soit un groupe pour 4 000 habitants. On fait mieux que les pharmacies mais on ne soigne personne», a-t-il diagnostiqué. Pour le manager de Africulturban, c’est la ruée vers le rap qui a baissé le niveau du mouvement. «Tout le monde ne peut pas être rappeur. Il faut avoir un métier ce qui va permettre de vivre et par la même occasion te rendre plus exigeant», avance-t-il.  Selon lui, même si l’environnement est plus favorable à l’éclosion des talents, la nouvelle génération «manque de maturité. Avec l’avènement du buzz, tout le monde veut gouter au succès et avoir son quart d’heure de gloire», poursuit-il. Si la majorité des anciens interrogés pointe du doigt le manque d’organisation de la nouvelle génération, Ceptik veut voir le verre à moitié rempli. «C’est très important d’avoir une génération comme ça. Caron a vaincu des années très compliquées. Le public ne se déplaçait plus. Et cette génération a trouvé le moyen de les ramener et c’est déjà formidable», a-t-il expliqué. Pour l’initiateur des vendredis slam, «il ne faut pas s’attarder sur les clashes. Cela  a toujours existé dans le rap et il va continuer. Je crois fermement que cette nouvelle génération a les moyens de sa politique et qu’il faudra être patient», conclut-il.

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