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Les 14 chauffeurs de «Allo Dakar», placés sous mandat de dépôt le vendredi 10 mai 2019, pour exercice illégal de transport, ont été jugés hier au Palais de justice de Thiès. Ils ont écopé d’un mois avec sursis. Leur procès n’a duré que quelques minutes puisque le procureur, après lecture de l’ordonnance, a décidé de requérir le sursis pour l’ensemble des chauffeurs. Et le juge l’a suivi.
Le Collectif pour l’encadrement et la légalisation du co-voiturage au Sénégal, qui regroupe ces chauffeurs, se dit satisfait de la sentence prononcée par le Tribunal même s’il s’attendait à une relaxe pure et simple. Selon Abdoulaye Ndiaye, président du collectif, «les chauffeurs qui faisaient face au juge ne sont ni des bandits, ni des voleurs, encore moins des vendeurs de chanvre, mais d’honnêtes citoyens qui travaillent à la sueur de leur front pour nourrir leur familles. C’est dans l’exercice de leurs fonctions qu’ils ont été arrêtés», dénonce-t-il. Il signale encore : «Ce que nous faisons n’est pas du transport irrégulier, c’est du co-voiturage, qui existe en Europe et aux Etats-Unis avec les taxis Uber, avec lesquels on peut, à partir d’une application, choisir son véhicule en fonction de la destination et du prix proposé. Nous avons tous nos documents (assurance, carte à grise, permis). Donc nous sommes en règle.» Mieux, poursuit-il, «nos services sont sollicités tout le temps par les usagers de la route».
Ainsi, il demande à l’Etat d’encadrer leur secteur d’activités, qui emploie quelque 1 200 chauffeurs dans la ville de Thiès. Déjà le collectif envisage «de mettre sur pied une structure nationale avec nos camarades de Saint-Louis, Rufisque, Tivaou­ane, Ngaye, Touba…pour légaliser ce type de transport afin de permettre aux jeunes de travailler en toute tranquillité». Dans ce cadre, dit-il, «nous sommes en train de rencontrer les autorités locales et nationales pour organiser ce nouveau type de transport, qui prend de l’ampleur dans le pays et qui pourra d’ailleurs développer le Sénégal». D’ailleurs, estime-t-il, «chaque voiture paye 600 mille F Cfa par mois au niveau du péage». Pour dire, selon lui, «il est temps que l’Etat nous soutienne en légalisant le secteur et arrête les arrestations des chauffeurs».
nfniang@lequotidien.sn

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