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Aliou Sall, président de l’Ams.

C’est clair que Oumar Guèye s’est fourvoyé en affirmant que la «ville» n’existe nulle part dans le Code général des collectivités territoriales. Abdoulaye Makhtar Diop et Aliou Sall l’ont démonté et démontré, lundi, dans l’édition spéciale de Itv qui recevait aussi l’expert en décentralisation, Amadou Sène Niang et Babacar Thioye Ba de Taxawu senegaal. «Je ne pouvais pas me taire sur cette question. Parce que quand j’ai entendu ce que le ministre Oumar Guèye a dit, j’ai été très étonné. Alors, il faudra autre chose que des arguments juridiques», a expliqué l’ancien ministre socialiste. Le maire de Guédiawaye aussi, avec diplomatie, a rectifié son camarade de parti et ministre en charge des Collectivités territoriales. «La notion de «ville» est déjà évoquée dans l’exposé des motifs du Code général des collectivités territoriales. En réalité, le débat n’est pas si la ville existe ou pas puisqu’il est évident aujourd’hui que la ville, le maire et le conseil de ville de Dakar existent. L’exposé des motifs définit l’ordre des collectivités locales : la commune et le département. Ensuite, il est dit qu’on peut créer une ville par décret pour permettre aux communes de mutualiser leurs projets», clarifie M. Sall.

Abdoulaye Makhtar Diop : «Dakar ne peut pas ne pas avoir un maire»
Le Grand Serigne de Dakar, qui est formellement contre la suppression de la ville de Dakar, rappelle que celle-ci a une histoire. «Le Sénégal ne peut pas ne pas avoir une capitale sans maire. Il faut soit réorganiser la mairie de Dakar ou alors lui créé un statut spécial. Mais Dakar ne peut pas ne pas avoir un maire, qu’il soit nommé ou élu», estime-t-il. Aliou Sall «comprend» que l’appellation «maire de Dakar» puisse «créer de la nostalgie parce que historique». «Seulement Dakar n’a pas toujours eu un maire. Il y a eu, à un moment donné, un président de Conseil municipal. Mais il ne faut pas qu’on sacralise la notion de «maire de Dakar» comme si c’est ce qui doit toujours exister. Et puis il y a des capitales qui ne sont pas des villes. Abidjan, Douala, Yaoundé sont des districts. Même dans les pays occidentaux, il y a des capitales qui ne sont pas des villes, mais des régions», a-t-il relevé.

«Si c’était dirigé contre des adversaires, il suffisait d’un décret pour supprimer les villes»
Abdoulaye Makhtar Diop est conscient que le dernier mot revient au chef de l’Etat. Mais il invite ce dernier à ouvrir des concertations sur cette deuxième phase de l’Acte 3. Le député de Benno bokk yaakaar estime d’ailleurs que ce point ne doit même pas être discuté dans le dialogue politique. «Il faut réunir l’Association des maires du Sénégal, des experts, des maires en activité de tous bords et laisser le dernier mot au président de la République», plaide-t-il. Le camp de Khalifa Sall a, dès l’annonce de la suppression des villes, accusé le pouvoir de «manœuvres politiciennes» contre son leader. Abdoulaye Makhtar Diop ne perd pas de vue «l’influence politique» qui a toujours prévalu pour la ville de Dakar. «En 1964, on a changé le régime de Dakar avec le gouverneur comme administrateur de la commune de Dakar. Et c’était deux ans après les événements de «62» avec le coup d’Etat de Mamadou Dia», a-t-il rappelé. Et il avertit : «On peut supprimer la ville pour en faire un département, mais cela n’empêchera pas à un autre de prendre le pouvoir. La preuve le Président Macky Sall n’a jamais été maire de Dakar.» Mais Aliou Sall réfute toute idée de politisation derrière. «Aujourd’hui Khalifa Sall n’est pas le maire de Dakar. Donc, quel enjeu il peut y avoir de manipuler les institutions pour quelqu’un qui n’est plus maire de Dakar. Et que je sache, jusqu’ici, il n’a pas déclaré sa candidature. Si seulement nous avions des intentions de mettre des bâtons dans les roues des adversaires politiques, le président de la République pouvait alors prendre un décret supprimant les villes de Dakar, Pikine et autres», assure le président de l’Ams.

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