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Les mariages d’enfants ne sont pas un choix pour les parents. Cette solution qui s’offre à eux leur permet de les préserver d’une grossesse hors mariage. En tout cas à Médina Yoro Foula et à Salikégné, les parents optent pour cette alternative pour éviter d’installer dans la famille la «honte». Les filles qui ont eu la chance d’échapper à ce phénomène ont accepté de témoigner, en soutenant surtout que les filles ont une part de responsabilité à assumer par rapport à la persistance de cette pratique. Tout en dénonçant les mariages précoces, elles ont aussi insisté sur les mœurs de certaines filles qui poussent leurs parents à les offrir en mariage de façon précoce. Elève en classe de 4ème, Coumba Ndiaye cite l’exemple de sa sœur cadette qui s’était mise en marge des règles familiales. «Elle a été donnée en mariage à l’âge de 10 ans», dit-elle. Elle n’est pas un cas isolé dans le département de Médina Yoro Foula ou dans le Fouladou de manière générale. Les filles se marient à l’âge de 10 voire 15 ans. «Ce qui n’est pas bon pour leur santé, car une grossesse à cet âge peut se révéler parfois assez compliquée», témoigne Ami Sarr, élève en classe de 1ère L’. Les élèves sont conscients des dangers du mariage précoce, mais face à l’argument des parents, ont-elles une solution ? Rougui Baldé pense que les filles doivent s’impliquer dans la lutte tout en adoptant des comportements plus «responsables» pour rassurer les parents qui très souvent marient leurs filles, juste pour les «sauver».

Des mères-filles, une autre réalité à Sédhiou et Kolda
Le mariage d’enfants, en plus des soucis qu’il occasionne au plan sanitaire, génère un autre problème : les mère-filles. Ce phénomène constitue dans les régions de Sédhiou et Kolda une triste réalité. D’ailleurs, elle ne choque plus personne ici. Safiétou Barro est âgée de 17 ans. Mais elle est la maman d’un enfant de 6 ans. Pour sa première maternité, elle a eu des jumeaux. «Mais ils sont décédés peu de temps après. Entre-temps, j’avais un enfant avant mes 16 ans, l’âge à laquelle je me suis mariée. A l’époque, nous ne savions pas que le mariage d’enfants avait de telles conséquences. Mais grâce aux informations que nous avons reçues des programmes de Tostan, nous savons que c’est un acte lourd de conséquences», confie-t-elle triste. Dieynaba Cissé est une autre victime du mariage précoce. Elle a juste 14 ans et a entre ses bras un enfant âgé d’un an et 6 mois. En plus d’être une fille-mère, elle dit garder un souvenir douloureux de son excision. «J’ai perdu une copine. Elle est décédée des suites de son excision le même jour. Elle avait perdu beaucoup de sang», raconte-t-elle. C’est son destin.

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