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Président d’honneur de l’Association des lutteurs en activité, Boy Kaïré réitère la volonté de leur structure à faire partir le Cng de lutte quel qu’en soit le prix. Entretien.

Qu’est-ce qui explique votre activisme au sein de l’Association des lutteurs en tant que président d’honneur au moment où l’on s’attendait à vous voir se la couler douce après votre retraite ?
Les gens du Cng s’attendent à voir les lutteurs en retraite raccrocher leur nguimb sans tambour ni trompette. Ils pensent qu’ils doivent se mettre en marge de la lutte après leur retraite. Nous disons non ! C’est pourquoi nous portons le combat pour préserver les intérêts de nos fils dans la lutte. Aujourd’hui, c’est vrai que nous ne sommes plus dans la lutte, mais ce sont nos enfants qui prennent le relais. Nous nous sommes dit que nous n’avons pas le droit de laisser faire ; d‘où notre engagement aux côté de nos frères, de nos enfants pour la bonne marche de l’arène. Ce que fait le Cng est anormal. Nous avons le droit d’être édifiés sur la destination de l’argent qu’on défalque sur le cachet des lutteurs.

Pourquoi avoir pris l’option de dénigrer le Cng alors que vous pouviez privilégier le dialogue ?
Les gens du Cng refusent de parler avec nous ; ce que nous considérons comme un manque de respect. Nous refusons de subir de leur part le même traitement qu’ils ont fait connaître à nos aînés. Notre lutte ira jusqu’au bout. Le Cng ne devait être là que pour trois ans. La structure a fini par avoir 24 ans de présence pour gérer les destinées de notre discipline. Si je fais le bilan du Cng, je finirai par dire que la structure a fini par tout gâter. Et si l’on y prend garde, le Cng sortira par la petite porte.

Pourquoi cette structure sortira par la petite porte ?
Parce qu’elle a gâté tout ce qu’elle avait entrepris de bon à cause de sa longue présence à la tête de notre discipline nationale. Nous avons besoin du sang neuf. Il y a un manque de transparence dans leur gestion. On ne souhaite pas voir nos fils souffrir le martyr comme nous. Maintenant si les membres du Cng refusent de rendre le tablier, on va les pousser à le faire en allant rencontrer le président de la République qui prône la transparence. Cela fait quatre ans que le Cng ne nous adresse plus la parole et n’accepte pas de nous recevoir. La structure ne nous associe même pas à ses activités. Pourtant, nous leur avons adressé deux correspondances pour les rencontrer, mais sans suite. Ils ne veulent pas nous recevoir parce qu’ils essuient de notre part des critiques. Qui ne veut pas être la cible des critiques ne doit pas diriger une quelconque structure ! Même le Président Macky Sall n’échappe pas aux critiques, mais il les prend avec philosophie. Sans critique, on ne peut pas avancer dans la vie. Le Cng nous considère comme ses pires ennemis en feignant de nous recevoir tout en s’ouvrant aux autres segments de la discipline, oubliant que les lutteurs sont les vrais acteurs de la lutte.

Et si vous n’obtenez pas le départ du Cng ?
Si nous n’obtenons pas gain de cause, nous allons mettre à exécution notre plan d’action qui tourne autour des marches, sit-in… Nous allons boycotter l’inauguration de l’arène nationale. Nous demandons dans ce cas au Président Macky Sall d’intervenir avant qu’il ne soit tard. De toutes les façons, le Cng partira quoique cela puisse nous coûter.

Un mot sur le contenu de votre mémorandum…
Les 10 points contenus dans le mémorandum sont élaborés rien que pour protéger les intérêts de la lutte. Ce que nous défendons ce n’est pas pour nous, c’est pour les Siteu, Boy Niang 2, Diène Kaïré et les autres lutteurs. Boy Niang 2 a rejoint le collectif de même que Modou Lô. Et vous les verrez dans toutes nos activités, en attendant les autres ténors.

Quelle est la prochaine étape ?
Nous préparons une Assemblée générale pour mettre en place un comité pour la défense de la lutte. Ce sera après le Ramadan. Ce comité regroupera tous les acteurs de la lutte et aura une force de frappe. Le Cng n’a plus d’argument et se contente de nous taxer de lutteurs vieillissants. Il est illégal pour avoir mis 24 ans pour gérer la lutte. Il doit dégager et on s’emploiera à réussir ce pari.

Le Cng ne semble-t-il pas avoir raison sur vous en disant qu’il ne discutera pas avec le président de votre association, Khadim Gadiaga, resté depuis des années sans renouveler sa licence ?
Si Khadim Gadiaga n’a pas de licence, c’est quand même le président des lutteurs en activité. Il a été élu lors d’une Assemblée générale. Il n’y a pas plus légal que Khadim Gadiaga pour parler au nom des lutteurs.

Apparemment vous n’avez pas convaincu le ministre des Sports qui écarte pour le moment toute idée de mise en place d’une Fédération…
On a donné suffisamment de temps au ministre des Sports. C’est maintenant à lui de prendre ses responsabilités en nous prenant au sérieux. Nous disons à l’opinion que c’est le 31 octobre que le mandat du Cng prendra fin. Et j’espère qu’il ne sera pas prolongé. Qu’on apporte des réformes en élargissant le bureau à d’autres ! Moustapha Guèye et Manga 2 étaient là-bas comme des figurants. Pourquoi sont-ils 13 membres ? Tous les règlements de lutte ont été ficelés sans notre aval. Par exemple, pour un coup irrégulier, on te défalque 1 million 200 mille en guise de sanction financière. Il n’y a aucune discipline qui procède de cette manière. Même en boxe, on t’avertit verbalement. Les sanctions financières qu’on applique aux lutteurs sont anormales. Sachant que les lutteurs n’ont pas de pension de retraite ni de couverture médicale.

Quel bilan tirez-vous à mi-parcours de la saison de lutte ?
C’est une saison qui n’a pas totalement répondu aux attentes du monde de la lutte. La lutte ne fait plus rêver les jeunes. La preuve, la majorité des lutteurs sont partis à l’étranger pour gagner leur vie. On est dans le désarroi à cause du Cng qui ne travaille pas. Il n’y a plus de sponsors, la lutte olympique est morte. Le seul tapis au Sénégal a été ramené en Casamance par Badji (le Dtn) qui fait partie du Cng. Ce qui fait que c’est dans cette localité qu’on trouve des athlètes en lutte olympique. Ce sont eux que l’on retrouve dans la sélection nationale de lutte olympique. Alioune Dione avait trouvé des partenaires pour développer la lutte olympique, mais le Cng l’en a empêché. Il avait commencé à ramener les lutteurs sénégalais expatriés pour «compétir». Le Cng refuse le développement et veut toujours continuer à diriger la discipline. Ça suffit !

Donnez-nous des nouvelles de votre fils Diène Kaïré…
Diène Kaïré se trouve actuellement aux Etats-Unis où il se prépare pour un éventuel combat. Il fait partie intégrante de notre collectif. Il est impliqué à 100%.

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