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Bercé par le rythme endiablé des tambours, le domicile de Boy Niang 2 à Pikine est plongé dans l’extase après victoire du fils de De Gaulle sur Gouye-Gui, dimanche dernier à Demba Diop. Très relax et entouré de ses fans et amis, le Pikinois s’est livré aux questions des journalistes. Sur son insistance à vouloir défier Balla Gaye 2, Boy Niang explique qu’il tient à affronter le fils de Double Less car ce dernier reste le seul lutteur de Guédiawaye qui ne figure pas à son tableau de chasse.

Pouvez-vous revenir sur les circonstances dans lesquelles vous avez préparé votre combat victorieux contre Gouye-Gui ?
J‘ai remporté ce combat grâce à l’aide de Dieu. On ne peut rien entreprendre ni réussir quelque chose sans l’appui du Tout Puissant. Je remercie mes fans qui sont partout disséminés au Sénégal. Malgré le deuil qui me frappait avec la perte de ma grand-mère intervenue à deux jours du combat, j’ai pu trouver les ressources nécessaires et la force mentale pour livrer ce duel dans les meilleures conditions.

On a beaucoup parlé de votre blessure à l’œil. D’ailleurs, certains avaient peur que le combat soit reporté. Comment avez-vous vécu cela ?
Je vais vous montrer l’état de ma blessure à travers une photo que j’ai prise à partir de mon téléphone (L’œil droit est au beurre noir). Mon œil était enflé comme vous l’avez constaté, mais j’ai décidé de me cacher derrière des lunettes noires pour ne pas donner du grain à moudre à la presse (rire). Et cela allait certainement obliger le Cng à reporter le combat. Ce que je ne voulais nullement. C’est à la vieille de l’Open Press à Pikine que j’ai été touché à l’œil par un sparring-partner. Mais j’étais convaincu que les choses reviendraient à la normale parce que je suis allé consulter mon médecin qui m’a assuré qu’il n’y a rien de grave. C’est pourquoi je me suis cramponné à l’idée que cette blessure ne pouvait aucunement m’empêcher de lutter. D’ailleurs avant le combat, je ne ressentais plus aucune douleur. Il n’y avait plus de séquelles de cette blessure. Si le médecin m’avait dit que je ne serai pas apte à disputer ce combat, j’allais tout simplement me plier à sa décision et aviser qui de droit.

Parlons du combat. D’emblée, vous sembliez douter de votre capacité à battre Gouye-Gui en évitant le corps-à-corps. Est-ce cela qui vous a poussé à opter pour un combat à l’usure ?
C’était un grand jour où il ne fallait surtout pas perdre. C’est pourquoi j’ai bien mûri ma stratégie. Il fallait le poussait à l’usure avant d’entreprendre toute action. Je n’avais pas le droit à l’erreur. Ce combat était très important pour ma carrière. Chaque détail avait son importance. Je me suis employé à dérouler la meilleure stratégie et profiter de la moindre brèche pour surprendre mon adversaire. Il faut aussi dire que Gouye-Gui n’a pas respecté la promesse qu’il m’avait faite de marcher sur moi si je ne prenais pas l’initiative de le faire au bout de trois minutes. C’est pourquoi, j’ai décidé de prendre les choses en main au final. Gouye Gui avait pris la décision de m’attendre. Il avait tout verrouillé. Mais à l’arrivée, je l’ai eu à l’usure.

L’attentisme de Gouye Gui vous a sûrement poussé à lutter contre nature en usant de la boxe qui n’est pas votre fort ?
Non, vous vous trompez ! Je vais vous surprendre en vous annonçant que je pratique la boxe depuis gamin. J’évoluais au centre Jacques Chirac avec comme entraîneur Antoine Mary Sène. Je suis monté à plusieurs reprises sur le ring pour disputer des compétitions en remportant des médailles. Je suis un as de la boxe. J’ai cherché à imposer la bagarre à Gouye Gui, mais ce dernier n’a pas voulu me suivre dans cette voie. Mais s’il avait accepté la bagarre, vous auriez vu un autre combat. C’est vous dire que je ce n’est pas aujourd’hui que j’ai commencé à mettre des gants de boxe. J‘étais venu pour assurer le spectacle. Mais mon vis-à- vis n’a pas facilité les choses en refusant de se livrer.

Au deuxième round, les choses sont allées très vite…
Effectivement. C’est après un échange de coups où j’ai pu toucher mon vis-à-vis qu’il y a eu accrochage. Vu que c’est un poids lourd, je n’ai pas pu le déséquilibrer en tentant un fauchage. C’est pourquoi, j’ai pris l’option de pivoter sur moi-même avant de réussir à le déposer au sol. Ce n’était pas évident de réussir une telle prise devant un lutteur comme Gouye Gui qui est très bon dans ce domaine. D’ailleurs, beaucoup de lutteurs ont mordu la poussière en tentant de le ceinturer. Il fallait beaucoup travailler à ce niveau pour éviter une mauvaise surprise. Durant trois mois, j’ai travaillé avec l‘entraîneur français Jules Lemerre qui était venu spécialement au Sénégal pour qu’on poursuive le travail qu’on avait entamé en Europe.

Pour votre prochain adversaire, vous visez Balla Gaye 2. Pourquoi entêtez-vous à le défier, alors qu’on est en train de démarcher son combat contre Gris Bordeaux ?
Ma position reste intacte. Je suis plus motivé aujourd’hui à l’idée de croiser Balla Gaye 2. Parce qu’il reste le seul lutteur de Guédiawaye qui ne figure pas à mon tableau de chasse. J’ai battu les six lutteurs qui s’identifient à la ville de Guédiawaye. C’est pourquoi, je veux l’affronter. A défaut de ne pouvoir le rencontrer, qu’on me donne l’occasion d’en découdre avec son potentiel adversaire qui n’est autre que Gris Bordeaux.

Ne risquez-vous pas de voir Balla Gaye 2 vous exiger de passer d’abord par Sa Thiès. Surtout si toutefois ce dernier venait à bout de Ness ?
Un combat contre Sa Thiès serait inopportun pour le mo­ment. Nos palmarès sont diamétralement opposés, c’est comme le jour et la nuit. Parce que j’ai disputé plus de combats-chocs que lui. J’ai suffisamment fait mes preuves pour réclamer un combat contre les soi-disant Vip. Si Balla Gaye 2 est arrivé au niveau où il se trouve, c’est parce que des lutteurs comme Mous­tapha Guèye, Tyson ont accepté de lui tendre la perche. Qu’il accepte de rendre la monnaie de la pièce en acceptant d’offrir une chance à nous les jeunes lutteurs.

Ne risquez-vous de voir Ama Baldé vous convaincre de ne pas chercher à croiser son ami, Balla Gaye 2 ?
Ama Baldé ne va s’opposer à ce combat. Il est en train de suivre son chemin, moi le mien. Pour vous rassurer, les rapports que j’entretiens avec Ama Baldé resteront intacts même si je dois affronter Balla Gaye 2. Ama Baldé s’est longuement entretenu avec moi avant mon combat victorieux contre Gouye Gui. Je devais gagner ce combat pour motiver les autres lutteurs de Pikine comme Ama Baldé et autres. Je leur souhaite très sincèrement qu’ils réussissent leur sortie comme moi.

A vous entendre parler, vous souhaitez que les Vip donnent la chance aux autres lutteurs ?
En effet, vous avez bien compris le sens de mes propos. Il faut que nous jeunes lutteurs nous intégrions la cour des grands. Mais cela ne pourra se faire que lorsque les Vip accepteront de se mesurer à nous. Un combat Boy Niang 2-Balla Gaye 2 fera revenir les sponsors. Parce que c’est une belle affiche. Si aujourd’hui on crie sur tous les toits que les sponsors ont tourné le dos à la lutte, il n’y a pas lieu de passer par mille chemins pour en savoir la cause. Cela s’explique par le fait que les affiches qu’on a l’habitude de leur proposer ne sont que du réchauffé. Si à chaque fois, on se met à réchauffer du riz, on en arrivera à en perdre la saveur. C’est ce qui est arrivé avec ces combats réchauffés entre Vip qui n’intéressent plus les sponsors. On sait à quoi s’en tenir. L‘heure est venue pour les Vip de comprendre l’urgence qui s’impose à eux et qui est de s’expliquer avec les jeunes lutteurs.

En tant qu’ambassadeur pour la non-violence, comment expliquez-vous qu’un de vos compagnons agresse un policier au point de le blesser à la tête ?
Je ne dirais pas que c’est de la violence, mais un incident intervenu avant le combat. Les policiers cherchaient vaille que vaille à embarquer un de mes accompagnants. (Ce dernier était soupçonné d’avoir jeté quelque chose dans le camp de Gouye Gui avant d’être pris à partie par ces derniers). Je me suis opposé à son arrestation en attirant l’attention des policiers sur l’importance de sa présence à mes côtés. J’ai demandé aux éléments des Forces de l’ordre de ne pas l’arrêter avant le combat. Et qu’il pourrait même le faire après le combat. La police l’a entendu et l’enquête suit son cours.

Votre accolade avec Gouye Gui à la fin du combat, c’est une belle image qu’on aimerait voir souvent…
J’aime beaucoup ce geste. Et je profite de votre tribune pour adresser mes encouragements à Gouye-Gui. Malgré son caractère bouillant qu’il a l’habitude d’afficher pour vendre ses combats, Gouye-Gui est quelqu’un de bien. C’est un gars très gentil au cœur d’or. Je lui souhaite plein succès lors de son prochain combat.

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