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Pour permettre aux populations de tirer le maximum de profits de l’exploitation du gaz et du pétrole, l’antenne régionale de la coalition Publiez ce que vous payez (Pcqvp) de Saint-Louis renforce les capacités des acteurs sur les enjeux de l’exploitation des hydrocarbures et le contenu local.

Dans un contexte où le Sénégal se prépare à inaugurer son ère pétrolière, la coalition Publiez ce que vous payez (Pcqvp) pose le débat du bénéfice que la communauté pourrait en tirer. Pour faire du contenu local une nouvelle approche intégrée par les économistes dans les politiques publiques afin de permettre aux populations de bénéficier le maximum possible de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières découvertes dans leur localité une réalité, l’antenne régionale de la coalition Pcqvp a organisé une session de formation de deux jours au profit des communautés concernées.
Selon Mame Latyr Fall, coordonnateur de l’antenne régionale de la coalition Pcqvp, cette session de formation est mise à profit pour former les citoyens, populations, élus et autres acteurs, sur les enjeux de l’exploitation du pétrole. Il s’agit concrètement, souligne-t-il, de réfléchir sur les stratégies de promotion du contenu local à Saint-Louis, en tenant compte des spécificités locales, de former les participants sur le cadre juridique et réglementaire du pétrole et du gaz au Sénégal, d’identifier les opportunités que le privé local pourra tirer du secteur pétrolier et des approches de promotion du contenu local.
De l’avis du Dr Papa Fara Diallo, coordonnateur adjoint de la coalition et enseignant chercheur à l’Ugb, l’objectif principal de ces ateliers qui se dérouleront tout au long de l’année 2018 est de voir comment faire pour que la ville de Saint-Louis et ses populations tirent le maximum de profits de l’exploitation du pétrole et du gaz à Saint-Louis offshore. Il indique que dans les pays très avancés, dans la gouvernance des hydrocarbures, des ressources minières en général et du gaz et du pétrole en particulier, on met l’accent plus sur le contenu local que sur la responsabilité sociétale d’entreprise qui constitue une contribution volontaire des entreprises qui exploitent. Il s’agit donc ici de voir à travers notre législation et à travers le plaidoyer de la société civile comment exiger les entreprises exploitantes de tenir compte du contenu local en insistant sur la sous-traitance locale, en privilégiant les sociétés locales pour toutes les activités qu’elles peuvent mener. Le contenu local ne se limite pas seulement d’ailleurs à la sous-traitance, selon Dr Pape Fara Diallo, car il s’agira aussi de faire de sorte que les communes impactées par l’exploitation du pétrole et du gaz puissent bénéficier de recettes fiscales locales tirées de cette exploitation. Ce qui fait que d’un point de vue économique et financier, elles puissent bénéficier de ces ressources découvertes dans leur territoire.
Au Sénégal, le gaz découvert et évalué à 500 milliards de m3 au large de Saint-Louis, et le gisement de 145 milliards de m3 découvert dans le bloc Cayar offshore profond seraient «le plus grand nouveau système pétrolier sur la marge atlantique», selon le rapport annuel 2016 de l’entreprise Kosmos energy.
Selon des constats de la coalition Publiez ce que vous payez, si l’importance de ces ressources augure un avenir socioéconomique prometteur pour le Sénégal, il n’en demeure pas moins qu’elles suscitent de nombreuses inquiétudes quant à la capacité de ce secteur à créer des opportunités tant pour les populations locales que pour les Pme et Pmi, entre autres.  Ce sentiment est d’autant plus fondé que le secteur pétrolier en Afrique se singularise par son caractère peu créateur d’opportunités économiques.
Publiez ce que vous payez est un réseau mondial d’organisations de la société civile unies dans leur plaidoyer en faveur d’un secteur extractif transparent et redevable, afin que les revenus tirés des industries pétrolières, gazières et minières servent à améliorer l’existence des populations vivant dans les pays riches en ressources naturelles.
cndiongue@lequotidien.sn

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