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Le Sénégal attend ses premiers barils de pétrole en 2022. Mais pour tirer profit de cette production et installer une industrie lourde dans le pays, il doit moderniser le secteur des hydrocarbures. C’est ainsi que l’expert en système énergétique et développement stratégique préconise la création d’une deuxième raffinerie.

Les premiers barils de pétrole sont attendus en 2022 au Sénégal et 2021 pour le gaz. Une manne pétrolière et gazière sur laquelle le Sénégal mise beaucoup pour développer son secteur industriel. Mais la réussite d’un tel objectif nécessite la modernisation du secteur. C’est dans ce cadre que le consultant du ministère de l’Energie et du pétrole préconise la création d’une deuxième raffinerie. «La Sar (Société africaine de raffinage) existe depuis les années 60. Son outil a été bien entretenu, mais elle est dans un environnement très restreint qui ne permet pas une extension», indique M. Assane Diouf qui a présenté hier un diagnostic du secteur de l’énergie au Sénégal dans le cadre du processus de définition de la Lettre de politique sectorielle de ce département. Avec les récentes découvertes de pétrole et de gaz dans le pays, cette deuxième raffinerie est inévitable, estime M. Diouf. Le diagnostic montre en effet la nécessité de moderniser la raffinerie sénégalaise, mais aussi de sécuriser les approvisionnements. «La sécurité de l’approvisionnement en hydrocarbures passe par une sécurisation du stock», indique M. Diouf. Il s’agit, selon lui, de renforcer les capacités de la raffinerie par un «dégoulottage» qui permettrait à la société de passer de 1,2 million de tonnes par an à 1,5 million de tonnes par an. Les investissements nécessaires au «dégoulottage» sont de 70 millions d’euros, près de 46 milliards de francs Cfa, selon le consultant. De même, le constat fait par les professionnels montrent que beaucoup d’avaries surviennent dans les pipes ; d’où la nécessité d’un audit.
L’objectif du Sénégal est d’arriver à l’accès universel à l’électricité en 2025. Cela passe par la réalisation des objectifs en matière d’électrification rurale, mais aussi de mix énergétique. Dans ce cadre, l’étude a montré que le pays a connu ces dernières années une augmentation de la production électrique de 360 Mw dont les 102 sont de l’énergie solaire, soit 10,8% de la production. De même, la disponibilité est passée de 69% en 2012 à 84% en 2017. De 124 heures de coupure, l’on est passé à 77 h, mais les principales raisons des coupures sont liées à la vétusté du réseau. Avec l’arrivée prochaine de 1 400 km supplémentaires de lignes, M. Diouf estime que le Sénégal devrait mettre en place un gestionnaire de réseau de trans­port.

Définir les orientations du département
Si le solaire participe au renforcement du mix énergétique, l’étude note que la concentration des centrales solaires dans la région de Thiès est une contrainte. «A Meckhé par exemple, on a 60 Mw qui sont concentrés au même endroit. Dès qu’un nuage passe par-dessus, c’est le délestage.» M. Diouf recommande ainsi la création de réserves tournantes pour faire face à l’intermittence des sources d’énergie. L’exercice con­duit hier par le ministère de l’Energie et du pétrole vise à définir les orientations du département pour la période 2018-2025. «La Lettre de politique sectorielle est un exercice de consultation des acteurs pour faire le diagnostic du secteur et définir ses orientations futures», explique le secrétaire général du ministère, M. Adama Diallo.
mamewoury@lequotidien.sn

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