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Hier au quai de pêche de Mbour, Alioune Ndoye a présidé à l’opération d’immersion de 10 mille pots à poulpes. Cela a été l’occasion de rappeler la valeur économique de cette espèce halieutique qui, en 2019, a rapporté plus de 10 milliards de francs au département de Mbour. D’où la nécessité de la préserver.

La pêche occupe une place privilégiée dans l’économie sénégalaise et le département de Mbour n’est pas en reste dans cette contribution. En 2019, le département de Mbour a débarqué 138 000 tonnes de poissons  estimées à 53 milliards de francs Cfa. Ce qui représente environ le tiers de la production nationale. Des chiffres obtenus grâce au travail abattu par les Clpa de Mbour, de Joal, de Sindia Sud, de Sindia Nord et de Palmarin.
Lors du lancement hier de l’édition 2020 de l’immersion des vases à poulpes par Alioune Ndoye, le ministre des Pêches et de l’économie maritime a rappelé la place qu’occupe  cette espèce dans le secteur  de la pêche. L’espèce faisant l’objet de cette initiative a un cycle de vie court, de 12 à 14 mois au Sénégal, avec une croissance rapide et une forte mortalité post-reproduction des mâles et des femelles. Le ministre Alioune Ndoye s’est réjoui qu’«en 2016, la valeur estimée à la première vente pour le poulpe dans la région de Thiès était de 5 milliards 97 millions 304 mille 920 francs pour 3210 tonnes. En 2019, ce chiffre pour la même espèce, a doublé pour représenter 10 milliards 445 millions 880 mille francs pour 4168 tonnes. Ces résultats palpables confortent les autorités étatiques à ap­puyer les organisations professionnelles fortement impliquées dans la cogestion, pour la mise en œuvre de telles initiatives ayant un impact réel dans la conservation des ressources halieutiques».
Initiée en 2004 dans le village de Nianing  avec la coopération japonaise, avec au départ 25 pots, l’immersion des pots à poulpes  s’est  pérennisée grâce à une appropriation effective des acteurs du département, regroupés au sein des Clpa. Pour cette édition 2020, 17 000 vases à poulpes ont été confec­tion­nées et le ministre des pêches a mis à la disposition des acteurs de la pêche, une ligne dans le cadre de l’appui sectoriel avec l’Union européenne : «Elle vous a permis de confectionner jusqu’à 10 000 vases à poulpes en plus des 7000 que d’autres Partenaires techniques et financiers  comme l’Usaid/Dekkal Geej et  certainement des industriels, vous ont permis de mobiliser. Le département a ainsi, entendu matérialiser sa politique de restauration des habitats marins en accompagnant une synergie d’actions des Clpa porteuse de résultats probants,  en termes de gestion et de préservation des ressources halieutiques», a déclaré M. Ndoye.
Lors de cette cérémonie de lancement, les acteurs ont évoqué la situation difficile que traverse le secteur, caractérisée par une baisse des rendements des unités de pêche, un déficit d’approvisionnement des marchés locaux et des entreprises d’exportation. Le ministre compte y apporter des améliorations : «Il y a lieu de faire preuve d’imagination et d’audace dans les réformes que nous sommes en train de conduire. J’en appelle donc à l’implication de tous pour qu’ensemble nous puissions inverser les tendances négatives. J’invite par conséquent, l’ensemble des acteurs, de Saint-Louis au Cap, dans une dynamique réelle de partenariat responsable avec l’Admi­nistration des Pêches, à continuer à faire preuve d’un engagement sans faille, afin qu’ensemble, nous puissions bâtir un futur meilleur pour notre secteur.» Il a poursuivi : «Nous sommes en train de dérouler plusieurs programmes, qui vont de la subvention des moteurs, effective à l’heure actuelle, à la géolocalisation des embarcations de pêche artisanale, dont les tests ont été effectués avec des résultats concluants,  en passant bien entendu par la modernisation des infrastructures de pêche, le renouvellement du parc piroguier, le renouvellement des camions frigorifiques, des mareyeurs, etc. pour ne citer que ceux-là.» Alioune Ndoye a promis de poursuivre
la modernisation  avec la construction de quais de pêche, de complexes frigorifiques et de sites de transformation répondant aux normes, pour mieux valoriser la production et permettre aux acteurs de la pêche de gagner plus.

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