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Pour donner plus de visibilité au contenu africain et faciliter l’accès aux films pour les salles et les ayants droit, les exploitants de salles de cinéma et distributeurs du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad se sont réunis à l’occasion du Fespaco pour mettre en place le Réseau d’exploitants et de distributeurs africains (Reda). Ce réseau qui regroupe 18 salles entend faire une large place au contenu africain et se positionner en interlocuteur crédible pour les ayants droit.

C’est une tautologie que de dire que les films d’Afrique sont peu vus et ne génèrent pas ou peu de recettes sur le continent. Cet état de fait occulte la diffusion en salles dans la carrière des productions africaines et fait que la fonction de distributeur n’existe véritablement pas en Afrique. Ceux qui l’exercent manquent cruellement de moyens et de soutiens pour la promotion et l’acquisition des droits de film face aux grands groupes qui arrivent en Afrique avec plusieurs salles et qui sont distributeurs de leurs propres films. Fort de ce constat, les exploitants de salles et distributeurs du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Niger, Mali, du Burkina et du Tchad ont décidé de mutualiser leurs forces et de mettre en place le Réseau d’exploitants et de distributeurs africains (Reda). Ce réseau qui a pour objectif d’aider ses membres dans l’acquisition des droits et la promotion des films africains et du monde entend surtout donner une bonne place aux contenus africains. Des actions de formation des personnels et des administrateurs des salles membres seront également initiées, de même que des tests expérimentant la circulation dans le réseau de deux films qui seront choisis parmi les films présents au Fespaco 2019. Il est par ailleurs question pour les membres de ce réseau de développer des collaborations avec d’autres réseaux existants en Afrique et à l’étranger, et qui partagent les mêmes objectifs que le Reda. Il s’agit en outre de faciliter au réseau des conditions d’accès aux films mutuellement avantageuses pour les salles et les ayants droit et d’élaborer une charte commune fixant les règles minimales de transparence et de qualité dans la diffusion des films acquis par le réseau.
Exploitant et distributeur, Khalilou Ndiaye, qui a initié cette rencontre, a renseigné sur le fonctionnement du réseau. «Chaque salle va garder son autonomie. Dans chaque pays, il y aura un référent pour coordonner les actions au niveau local. Il y aura un distributeur agréé à mandater pour négocier les droits, signer les contrats et le distributeur local référent pour coordonner les sorties et la communication. On essayera dans un premier temps d’avoir des partenariats efficaces», a-t-il expliqué. Le directeur de la Cinéma­tographie du Sénégal, Hugues Diaz, qui a assisté à la rencontre, a félicité Khalilou Ndiaye du Sénégal et Sylvain Agbré de la Côte d’Ivoire pour leur initiative de mettre en place ce réseau et promis son accompagnement au Reda. «La venue des grands dans l’exploitation dans nos pays nous effraye, c’est vrai. Sur les prochains mois, il faudrait qu’il y ait une réaction sur ça. Nous sommes menacés. Nos productions sont menacées. Ils ont beaucoup d’argent et sont à la fois producteurs, exploi­tants, distributeurs. Ce qui ne donne aucune chance d’exister à nos films (…). Il y a de très bons films en Afrique. Maintenant, il faut que nous-mêmes soyons forts. Et ce sont les réseaux qui nous permettent d’avoir l’audace de dire qu’il faut compter dorénavant sur nous-mêmes. C’est le vœu de nos autorités qui veulent voir des films sénégalais, des films africains.»

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