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Rétrospective et Perspective. C’est l’intitulé de l’expo que la Galerie nationale d’art accueille présentement en son sein. Réunissant à peu près une trentaine d’affiches de films de réalisateurs sénégalais, cette exposition présente de façon succincte, le long chemin parcouru par le cinéma sénégalais du temps des pionniers Ousmane Sembène, Safi Faye, Djibril Diop Mambety aux plus jeunes : Khadidiatou Sow, Abdou Khadyre Ndiaye, Fatou Touré, Alain Gomis,…

Du 19 au 30 avril 2017, la Galerie nationale d’art ouvre son espace au 7e art sénégalais. Vendredi dernier à l’occasion du vernissage de l’expo Rétros­pective et Perspective, le public a découvert une panoplie d’affiches de films datant de la période des indépendances à nos jours. Si certains se posent des questions sur l’utilité d’une telle exposition et si ces affiches sont des œuvres d’art à exposer dans une galerie, Awa Cheikh Diouf, la directrice de la Galerie nationale, n’a aucun doute sur l’utilité de cette initiative. «L’affiche est certes un outil de communication mais nous avons estimé que c’était aussi une œuvre d’art. Parce qu’on retrouve dans une affiche, toutes les formes d’expressions : la photographie, l’infographie, on peut même avoir des affiches dessins», a-t-elle expliqué. Mme Diouf, convaincue de son argumentaire, avait en effet suggéré à la Direction de la cinématographie, de tenir cette exposition, pour innover et ouvrir la galerie à d’autres sortes d’expressions artistiques. Cette exposition, convainc-t-elle, permet d’en apprendre un peu plus sur l’histoire du cinéma sénégalais.
L’exposition Rétrospective et perspective présente en effet une trentaine d’affiches qui rappellent à Awa Cheikh Diouf, de bons souvenirs laissés par les pionniers du cinéma  sénégalais, ces grands acteurs qui ont disparu mais qui ont laissé de grandes œuvres. Dans cette exposition qui présente des affiches de films documentaires, de fictions, courts métrages et longs métrages, on remarque la présence de 4 générations qui, selon le commissaire de l’expo, Thierno Diagne Bâ, résument parfaitement le titre choisi : Rétros­pective et perspectives.  Dans Rétrospective on fait allusion aux  anciens, les ainés et pionniers : Ousmane Sembène (avec les affiches de Mandat bi, La Noire de), Safi Faye (Mossane), Cheikh Tidiane Aw, Momar Thiam, Djibril Diop Mambety, Paulin Soumano Vieyra. Puis, après cette génération, vient celle de Moussa Touré (on présente les affiches de ses films La pirogue et Bois d’Ebène) ; Mansour Sora Wade (Le prix du pardon et Les feux de Mansare), Ousmane William Mbaye (avec l’affiche de ses films Président Dia, Kemtiyu Seex-Anta)… «Ces films ont valu au Sénégal beaucoup de satisfaction et de prix», note le commissaire.

L’affiche, le commencement du film
Dans la 3e génération, il y a Hubert Laba Ndao (avec l’affiche de son film Dakar trottoirs), Dyana Gaye, réalisatrice de Les étoiles, Khady et Mariama Sylla,… La dernière génération, qui constitue en même temps la Perspective, est également bien présente dans cette exposition avec  Moly Kane, Khadiatou Sow, Abdou Khadyre Ndiaye, Fatou Touré, Ndiaga Fall, Cheikh Diallo,… «Des jeunes qui se battent partout et pour tout, pour faire des films», commente M. Bâ. Le chef de la Division coopération, promotion et communication de la Direction de la cinématographie rajoute, à la suite de Mme Diouf, que l’affiche d’un film n’est pas une chose anodine. «Bien au contraire, c’est tout un art qui fait partie intégrante de la vie d’un film», a-t-il dit, précisant que «l’affiche d’un film fait partie du film et de la vie du film, c’est le contact, la première et la dernière archive du film. Aussi il est important de concocter, de très bonnes affiches et essentiel de les archiver». «L’affiche d’un film c’est tout un art, il est important de faire un peu de création avec ces affiches», a insisté Thierno Diagne Bâ.
Plongé de plain-pied  dans l’ère du numérique, le réalisateur de Mbeubeuss, le terreau  de l’espoir, Nicolas Sawalo Cissé, prend bien à cœur dans son travail, la réalisation de ses affiches de films qu’il a savamment bien expliquées. «Cette affiche a été réalisée par Birom Ceptik. On voit la trame du film, un bijou, un bébé et une demoiselle sur le côté. C’est le bébé qui a grandi. A travers cette affiche, c’est toute l’intrigue du film qui est représentée avec deux ou trois mouvements de photographie», a-t-il indiqué. Même si le contenu d’un film prime sur l’affiche, pour l’architecte et non moins réalisateur, elle a également son importance. «Une œuvre doit être totale. Dans sa totalité, on doit réfléchir à toutes les étapes de créativité et de création du film. L’affiche c’est le commencement du film, le premier contact avec le public. Donc c’est important», a relevé Sawalo Cissé. L’affiche c’est aussi, dit-on, une histoire d’émotions. Celle de Félicité de Alain Gomis, qui fait aussi partie de l’expo, est tout un symbole.
aly@lequotidien.sn

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