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L’artiste Issa Samba alias Joe Ouakam, disparu le 25avril dernier, est toujours présent dans les esprits. Une exposition dénommée «Alem l’A-venir» est ouverte à la galerie Le Manège pour lui rendre hommage. Elle a permis de découvrir certaines de ses œuvres, et des œuvres faites sur lui. En franchissant la porte de cette galerie en plein cœur de Dakar, on sent la présence de l’artiste disparu.

Peur et étonnement, sont les deux mots appropriés pour exprimer ce que l’on ressent en entrant à la galerie Le Manège. En apercevant en effet, cette statue grandeur nature posée au fond de la grande salle où se tient l’exposition «Alem l’A-venir», en hommage à Joe Ouakam, l’on croit toute suite qu’il s’agit d’une hallucination. Non ! C’est plutôt une représentation (presque) sans faute de l’artiste décédé le 25avril passé qui est posée là et donne des frissons à tout visiteur. A première vue, on croit que c’est l’homme lui-même qui est assis là, sur un fauteuil fabriqué à l’aide de journaux qu’il archivait chez lui de son vivant.
Joe Ouakam a les yeux protégés par ses petites lunettes, fixés sur un livre qu’il tient dans sa main gauche, et l’autre main est posée sur le bras gauche du fauteuil.  Vêtu de son long  manteau en jaune et gris, écharpe blanche nouée au cou, d’un pantalon beige qu’il relevait, chaussures noires montantes, moustache blanche, l’on voyait à peine ses cheveux blancs cachés par son béret en noir et orange.  C’est ainsi qu’il avait effectivement l’habitude de s’habiller. Son accoutrement qui faisait de lui l’artiste qu’il était, son visage, sa façon de se tenir étaient reproduits textuellement. L’auteur de ce chef d’œuvre a véritablement la maitrise de son art en plus de la connaissance de son sujet. Toujours à l’intérieur de la salle, hormis cette statue, qui attire l’attention, des sculptures et les 12 toiles faites par le défunt artiste lui-même sont exposées. A côté de ces tableaux, l’on aperçoit de grands dessins d’oiseau, de poisson, l’homme, l’arbre… Ces tableaux traitent de l’émergence, de la vie, du visible et de l’invisible.
Aussi, une scénographie spéciale laisse découvrir des tas de journaux d’archives poussiéreux attachés au mur et d’autres posés à même le sol. C’est l’œuvre de Ican Ramageli et Delphine Calmette, directrice de la galerie Le Manège. D’autres éléments campent également le décor de cet espace, comme cette tête humaine de l’homme blanc, attachée au plafond à l’aide  de cordes rouges avec de petits ballons de la même couleur : c’est la tête de Chirac. «Alem l’A-venir, c’est un pèlerinage, une passation pour donner à ce présent, la mission du laboratoire Agit ’art», avait dit le commissaire Alpha Baldé plus connu sous son nom d’artiste de Ican Ramageli, le jour de l’ouverture de cette exposition.

….Jusqu’en septembre
Outre la richesse des œuvres artistiques à voir à l’intérieur de la salle, à l’extérieur, juste à l’entrée de la galerie, on est aussi captivé par une installation de «clés» : une invite à la recherche, au savoir. L’on apprend que la grande clé exposée à cet endroit est celle qui ouvre une porte pour rendre l’invisible visible, et les autres en miniature ouvrent des portes que tout un chacun doit chercher à savoir. L’exposition «Alem, l’A-venir», se poursuit jusqu’au mois de septembre prochain. Elle est le travail d’un collectif de jeunes artistes «héritiers» de Joe Ouakam.
mfkebe@lequoitidien.sn

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