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Deux ans après la célébration de son cinquantenaire, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès (Msad) s’inscrivent dans une dynamique de promotion et de vulgarisation de ses produits ; d‘où l’exposition que cette structure tient depuis le 30 novembre au Monument de la Renaissance et ce, jusqu’au 7 janvier prochain.

Des produits diversifiés en tapisserie, batik et Céramique, à savoir des tapis de sol, de prière, des tapisseries murales emplissent les yeux des visi­teurs. Mamadou Guèye fait partie des exposants. Ayant fait les Beaux-arts de Paris et travaillé dans les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès (Msad), il est le maître d’œuvre d’un tableau qui parle de la femme noire comme a eu à le faire le Président Senghor dans l’un de ses poèmes. M. Aloyse Ndam Diouf, directeur général des Msad, le commente en ces termes : «Quand vous êtes en face du tableau, c’est comme si vous avez un poème, vous avez un livre devant vous. Vous pouvez passer des années et des années à le décortiquer. Il insiste sur la beauté de la femme et aussi sur les couleurs. Si vous voyez ce tableau, il y a plus de cinquante couleurs.» Un autre artiste, Fodé Camara, présente une œuvre qui parle «des matins» d’un célèbre marché à Dakar. «C’est le marché Kermel, c’est comme la femme qui va au marché. Il décrit la femme qui va tôt le matin à Kermel. On est dans l’expression libre, ce n’est pas du figuratif. C’est de l’abstrait», note-t-il.
Sur les critères de choix des artistes prenant part à cette exposition et venant de différents horizons, le directeur général des Msad revient en détail sur le procédé. «Quand les artistes nous envoient des œuvres, nous avons un contrat de cession qui nous lie avec eux. Nous transformons l’œuvre au niveau de l’atelier avec un système d’agrandissement par la technique du cartonnage. Après tissage, nous passons aux coutures pour finaliser. Ce sont des œuvres d’art de manufacture réalisées en tapisserie», explique M. Aloyse Ndam Diouf.

«Les Manufactures doivent être renforcées»
«Les tapisseries racontent notre patrimoine national et restaurent notre histoire», reconnaît M. Diouf pour tenter de convaincre que «les manufactures doivent être renforcées pour montrer l’expertise de nos artistes». Et ce, à un moment où «on est en train de parler de la restitution des œuvres d’art en Afrique», souligne M. Diouf. «Pourquoi les œuvres d’art africaines ont été dilapidées ? C’est parce qu’elles sont de très bonne qualité et font la fierté des galeries en Occident. Les Africains doivent se rendre compte qu’ils ont une potentialité et tout faire pour les conserver», recommande-t-il. Soutenant que c’est une fierté nationale que de voir des tapisseries des Manufactures orner certaines ambassades, l’aéroport d’Atlanta, le Palais de l’empereur du Japon, M. Ndam Diouf de souligner que tous «les Présidents sénégalais ont fait des Manufactures un instrument de diplomatie». Sur un autre registre consistant à combattre le chômage, les Msad ont formé et recruté entre 2015 et 2017 une quinzaine de jeunes Sénégalais dans une optique de polyvalence, c’est-à-dire dans les domaines de la céramique, du batik et de la tapisserie, selon le directeur. Chaque année, les Manufactures reçoivent une subvention de 300 millions de francs Cfa de l’Etat. M. Aloyse Ndam Diouf souhaite que l’enveloppe soit augmentée pour mieux faire face «aux charges relatives à la formation».
ambodji@lequotidien.sn

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