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Le musée des forces armées, abrite depuis hier, une exposition intitulée «Sargal» Casques bleus à l’initiative du Centre d’information des Nations unies en collaboration avec la Direction générale des archives et du patrimoine historique des armées.

Sur un panneau, un homme en treillis militaire, casque bleu sur la tête, affiche le sourire. Voilà 24 ans que ce jeune officier sénégalais a été tué au Rwanda à l’âge de 36 ans. Au musée des forces armées, le capitaine Mbaye Diagne a occupé une place digne de son rang dans une exposition des Nations-Unies. «Comment parler des Casques bleus au Sénégal sans mettre en lumière le plus grand héros qui ait jamais servi aux Nations-Unies ? Je veux nommer le capitaine Mbaye Diagne, officier sénégalais, observateur militaire de la mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda. A lui seul, il a sauvé près de 1 000 personnes du génocide avant d’être tué dans l’explosion de son véhicule à Kigali le 31 mai 1994. Il avait 36 ans», a indiqué Damian Cardona, directeur du Centre de l’information des Nations-Unies à Dakar.
L’exposition «Sargal» casques bleus a été préparée par le Centre d’information des Nations-Unies en collaboration avec la Direction générale des archives et du patrimoine historique des armées. Un hommage aux participants au maintien de paix, à leur contribution et à leur sacrifice. A travers différents tableaux, le visiteur est plongé dans l’environnement des zones de guerre sans y mettre les pieds. En plein désert, des soldats yougoslaves sous mandat onusien marchent au pas dans le Sinaï,  une péninsule égyptienne d’environ 60 mille km2. Ce passage retrace en fait, les premières années d’intervention des Casques bleus des Nations-Unies. Le vernissage au Musée de l’Armée, explique de façon large l’évolution des missions de maintien de la paix. L’exposition est subdivisée en trois parties, à savoir les Casques bleus dans le monde, en Afrique et au Sénégal. Pour l’exemple des Casques bleus et du personnel civil féminin, on se rend compte qu’au total elles sont jusqu’ici 4 335 femmes à jouer leur partition.
Sur un autre plan, un panorama 2018 des missions en Afrique a été aussi présenté aux visiteurs. Il s’agit du Mali avec 15 209 hommes, le Soudan, 19 248, la République centrafricaine, 12 870, le Sahara occidentale, 245, pour ne citer que ces pays-là. Sans oublier l’historique des missions du Sénégal. «Les Casques bleus des Nations-Unies travaillent dans des environnements difficiles voire dangereux. Ils risquent leur vie pour protéger les populations parmi les plus vulnérables de la planète. Certains y laissent malheureusement leur vie. Plus de 3 700 Casques bleus ont péri au service de la paix depuis 1948», a déclaré Damian Cardona, directeur du Centre de l’information des Nations Unies à Dakar. Pour le Directeur général des archives et du patrimoine historique des forces armées, «cette exposition met en évidence la contribution du Sénégal aux opérations de maintien de la paix de 1960 à nos jours, les environnements difficiles voire parfois dangereux où ils travaillent, les sacrifices consentis par vos vaillants Casques bleus par pays et par mission, un panorama varié des missions des Nations-Unies en Afrique et enfin l’implication des femmes dans les opérations de maintien de la paix».
Et en souhaitant la bienvenue à ses hôtes, le colonel Jean-Paul Ntab dira que le musée est un «haut lieu de mémoire où sont exaltées, magnifiées, glorifiées les vertus qui ont permis à d’illustres fils du Sénégal de marquer l’histoire du monde et qu’il faut donner à méditer à notre jeunesse et aux générations futures». Aujourd’hui, le lieu abrite une salle qui porte désormais le nom du capitaine Mbaye Diagne. D’ailleurs, pour mémoire afin de lui rendre hommage pour l’éternité, le Conseil de sécurité de l’Onu a créé une médaille à son nom pour acte de courage exceptionnel, destinée à honorer les militaires, les policiers, le personnel civil des Nations-Unies et du personnel associé qui ont bravé des dangers extrêmes en s’acquittant de leur mission ou de leur fonction au service de l’humanité et de l’Onu. Et pour rappel, la contribution du Sénégal s’élève à plus de 33 mille hommes depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale.
msakine@lequotidien.sn

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