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Accroché hier, à Diamniadio, en marge de la cérémonie d’ouverture du Forum international sur la paix et la sécurité, le Professeur Abdoulaye  Bathily a déroulé son projet concernant la paix et la sécurité en Afrique s’il est élu à la présidence de la Commission de l’Union africaine.

Selon vous, quelle est l’importance de ce Forum de Da­kar sur la paix et la sécurité ? 
Le sujet relatif à la sécurité et à la paix est une question capitale pour l’Afrique. Il ne peut y avoir de développement sans sécurité. Le développement est la condition de la paix et de la sécurité. Face aux différentes menaces qui pèsent sur le continent africain et même sur le monde, il faut que les pays organisent ce type de rencontres pour que les spécialistes de la sécurité et les Etats qui décident échangent leurs points de vue quant à leurs méthodes d’action et leurs objectifs attendus. Il faut également voir quels sont les moyens qui sont envisagés pour faire face à ces menaces. De ce point de vue, ce forum est très important.

Vous êtes candidat à la présidence de la Com­mission de l’Union africaine. Quel est votre projet concernant la paix et la sécurité en Afri­que ?
La paix et la sécurité sont au cœur des préoccupations de l’Union africaine. J’ai un programme important là-dessus. En un mot, la question de la paix et de la sécurité fait partie de mes priorités. Cela fait plusieurs décennies que j’ai été impliqué personnellement et directement dans la gestion des conflits sur le continent africain notamment au Liberia, en Sierra Leone… J’ai été représentant du secrétaire général des Nations unies d’abord au Mali et tous les pays de l’Afrique centrale où cette question de la paix et de la sécurité est au cœur de la vie politique et sociale. Ce sont des questions dont je me suis occupé directement. Aujourd’hui, il y a des solutions que je voudrais mettre en œuvre.

Se basant sur votre expérience, quelles sont les solutions efficientes aux défis sécuritaires qui entravent le développement de l’Afri­que ?
C’est à différents niveaux. Il y a d’abord au niveau des Etats, au niveau des entités sous régionales comme la Cedeao, la Sadec, le Ceeac, les communautés économiques régionales, mais aussi au niveau continental. Tout cela doit se faire en relation avec les Nations unies. Aujourd’hui, il y a un partenariat qui est en train de se développer. C’est un aspect très important. Jusqu’ici, les opérations de maintien de la paix sont financées exclusivement par les Nations unies à travers des missions. Aujourd’hui sur 16 missions de maintien de la paix dans le monde, les 9 sont sur le continent. C’est très important. Il faut qu’on se pose la question sur l’efficacité de ces missions de maintien de la paix. Quand j’étais au Mali j’ai vécu, mais en proposant des solutions. A la tête du Bureau régional des Nations unies en Afrique Centrale, j’ai participé à la gestion des conflits en Centrafrique. J’ai suivi également dans le cadre de mon mandat la République démocratique du Congo. J’ai insisté sur la nécessité que les missions de maintien de la paix se conforment aux nouvelles problématiques qui se posent par rapport à la nature des menaces. Cela veut dire qu’il faut que l’Afrique participe au financement et que les missions de maintien de la paix fassent un peu plus de robustesse pour faire face aux menaces qui se posent. L’Afrique doit mettre en place une force d’attente. Il ne s’agit pas, lorsqu’une crise éclate, de mettre en place un groupe de soldats, des compagnies et des bataillons pour aller au combat. Il faut anticiper sur ces crises.

Lors du Forum de Dakar en 2015, des recommandations ont été formulées. Pourtant, les groupes djihadistes continuent leurs attaques, notamment en Afrique de l’Ouest…
Vous savez, les groupes terroristes ont des capacités et des moyens d’action malheureusement que les Etats n’ont pas. Les Etats n’ont pas été préparés. Les forces armées ont été formées dans un contexte de conflit classique. Le terrorisme est un nouveau type de menace. Donc, on ne peut pas prévoir à l’avance tout le modus operandi. Mais après chaque coup, il y a une leçon à tirer. De plus en plus, avec la coordination des renseignements et de l’action sur le terrain, on peut arriver à vaincre le terrorisme. J’ai participé, en tant que chef du Bureau des Nations unies en Afrique Centrale, à la mise en place de la force multinationale installée à Ndjamena entre le Tchad, le Cameroun, le Niger, le Benin et le Nigeria. Depuis lors, Boko haram traverse une mauvaise passe. Ce sont de telles démarches qu’il faut adopter.

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