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En marge du Symposium annuel sur la gouvernance, la paix et la sécurité en Afrique, organisé par le Gorée institute, le Professeur Babacar Guèye a listé les défis que le continent doit relever pour combattre de manière efficace le terrorisme. Le directeur  du Centre de recherches/actions sur la gouvernance (Cerag) appelle le Sénégal à encourager les accords avec d’autres pays pour juguler le mal.

Vous avez présenté le panel sur les défis de la démocratie et de la sécurité des pays africains. Quels sont ces changements de paradigme que vous préconisez ?
Il y a une sorte de mutations concernant le déficit sécuritaire dans le monde entier. Ce n’est pas seulement en Afrique. Il y a quelque temps, les problèmes d’ordre sécuritaire liés à l’extrémisme religieux se limitaient à l’extrême Orient et parfois en Europe. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la planète qui est affectée par ce fléau qui est l’extrémisme religieux. Ce qui est nouveau, c’est que les extrémistes ont vocation d’exercer leur emprise sur des portions de territoires avec des actions isolées. Aujourd’hui, ils veulent s’installer dans ces territoires afin de les gouverner. C’est le phénomène de l’«Etat islamique» ou Boko Haram qui veulent des khalifats en Orient, en Afrique… Vous remarquerez qu’ils cherchent les zones où les institutions sont fragiles mises en exergue par une faiblesse de la démocratie. Les pays africains n’ont pas les moyens de faire face individuellement à ce fléau. Il faut des solutions globales. Le terrorisme est devenu un phénomène mondial qu’il faut combattre au niveau mondial. Il faut nécessairement une mise en commun des moyens. Les terroristes ne connaissent pas les frontières. Boko Haram est au Cameroun, au Niger, au Nigéria…

Est-ce que les Etats africains sont dans cette perspective de mutualisation des efforts pour juguler ce fléau ?
Ils commencent à être dans cette perspective. Au départ, ce n’était pas évident parce que chacun y allait tout seul pour faire respecter son individualité, sa souveraineté. Mais aujourd’hui, vous voyez que ce panel de Gorée institute est composé en termes de présence de plusieurs Etats africains. Depuis que le Nigéria a décidé de s’allier avec les autres pays comme le Niger, le Cameroun (Tchad), on voit que Boko Haram perd du terrain. Ce groupe islamiste est dans une mauvaise passe parce qu’il y a une coalition africaine qui se bat contre lui. C’est ce genre de démarche qu’il faut adopter même au Mali. Cela permettra d’éviter la montée de ce phénomène dans la sous-région et plus globalement en Afrique.

Un présumé djihadiste a été arrêté il y a quelques jours à Rufisque. Est-ce que le Sénégal est assez outillé par faire face aux islamistes ?
Ce n’est pas le Sénégal tout seul. Le Sénégal dispose d’un certain nombre de moyens mais ne pourra pas faire face tout seul à ce phénomène. Cela ne suffit pas. Il faudra qu’il conjugue ces moyens avec ceux d’autres pays. Pour arrêter ce présumé terroriste, je suis sûr que nos Forces de sécurité ont eu recours à la coopération d’autres pays de la sous-région surtout en renseignements.

bgdiop@lequotidien.sn

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