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Le feu couve dans le département de Kolda, plus précisément entre des populations de la commune de Kolda et le Conseil municipal de la commune rurale de Saré Bidji. Cette collectivité locale est accusée d’expropriation de terres appartenant à plus de 600 personnes. Ces victimes sont des populations de Kolda ayant des terres dans le périmètre communal de Saré Bidji, aux alentours du village de Saré Moussa Ndour. Ce sont des jardins vergers et des champs cultivables que la mairie dépossède de ces nombreuses familles. Une situation impossible à accepter par ces victimes qui crient déjà au scandale. Un scandale auquel Djita­magne Edouard Diédhiou demande à l’Etat du Sénégal d’apporter rapidement des solutions. Le porte-parole des manifestants invite dans la foulée, la mairie de Saré Bidji à cesser de délivrer des avis de propriété à certaines personnes qui n’ont aucun droit sur ces terres. Un appel renchéri par Kalidou Diémé, qui estime à plus de 1 600 parcelles accaparées par Saré Bidji après le lotissement de ces terres.
En Assemblée générale d’information et d’élaboration des stratégies dans cette lutte, ces nombreuses victimes ont arboré des brassards rouges, avec comme slogan: «Ne touches pas à mon terrain.» «Ce sont des champs viabilisés par des pères de famille il y a belle lurette, et qui leur servaient de revenus à partir de certaines activités agricoles. Com­ment, par la faute d’une mairie, on peut se lever un bon matin et perdre tout ce qu’on a investi depuis plusieurs années ?», s‘interroge le vieux Maoundé Diatta. D’une voix triste et gonflée de colère, Maoundé Diatta plaide pour l’intervention immédiate des autorités administratives sans aucune complicité. Après l’éclatement de ce litige foncier, la mairie de Saré Bidji a porté plainte contre des certaines de ces victimes pour refus de céder les parcelles aux personnes à qui elle a délivré des avis de propriété. «Ce qui est une provocation et un acte de forcing», selon Kalidou Diémé. En tout état de cause, hommes, femmes, troisième âge, jeunes et enfants, tous disent non à cette occupation qu’ils qualifient de forfaiture. «Le sang va couler, mais nous ne quitterons jamais nos terres au profit de gros  commerçants et autres tripatouilleurs fonciers», alertent les manifestants. Pour­tant, ces victimes ont fini de céder certaines de leurs terres à la commune de Kolda pour la construction de la nouvelle gare routière.
elcoly@lequotidien.sn

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