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Les mouvements citoyens dont Y’en a marre et l’Ong Urgences d’Afrique sont montés au créneau hier pour exiger le retour de l’activiste Kémi Séba, expulsé vers la France pour menace de trouble à l’ordre public. Ils organisent un rassemblement le 16 août prochain à la place de l’Obélisque avant l’organisation d’une caravane africaine pour faire revenir l’activiste sur «le  continent africain, terre de ses ancêtres». En attendant la matérialisation de ces objectifs, les acteurs des mouvements citoyens ont condamné son expulsion du Sénégal qui «épouse les contours d’une déportation». Thiat exprime sa colère avec des mots à lui propres : «C’est quoi expulser un Africain qui est dans la zone Cedeao ? Pourquoi ne l’ont-ils pas ramené au Bénin ? Nous nous posons la question ? Nous allons faire nos investigations pour savoir si c’est sur ordre de la France que le serviteur de la France l’a fait pour plaire à M. Macron.» Il insiste : «Le Sénégal n’est plus un pays de droit, c’est un pays où on bafoue les lois. C‘est un pays où il y a un régime totalitaire, un régime frileux, qui enferme ses potentiels adversaires et un activiste qui n’est pas intéressé par le pouvoir.» Considérant que le Sénégal «est devenu pays de non-grata», Thiat poursuit sa diatribe : «Le président de la République est le dernier tirailleur sénégalais (Sic) dans un régime, qui s’amuse à rapatrier les Africains. Ce que Kémi Séba est en train de revendiquer, c’est le Président Macky Sall qui devrait le faire. Les dirigeants africains ne sont que des marionnettes et des poupées instrumentalisées par la France, qui sont en train de fouler au pied  la démocratie que le Peuple n’a eu cesse de leur apprendre.»
Aujourd’hui, les activistes s’interrogent sur la légalité de l’arrêté ministériel. «Le ministre de l’Intérieur a antidaté l’arrêté servant à expulser Kémi Séba du Sénégal dans un contexte marqué par l’absence de gouvernement au Sénégal», accuse Thiat qui annonce une procédure judiciaire pour contester l’expulsion de Kémi Séba. En attendant, il commence à refaire sa vie en France sans renoncer à son combat contre le Franc Cfa. Thiat dit : «J‘ai eu Kémi Séba ce matin (hier) au téléphone, il me dit que la lutte va s’intensifier. Ça va continuer. Il demande à chacun d’être dans une logique d’intelligence et de la paix. Notre mobilisation, c’est une mobilisation citoyenne. C‘est l’Afrique, la jeunesse qui ne veut plus être considérée comme la dernière roue de la carrosse», rapporte Henry Djehuty, coordinateur de l’Ong Urgences panafricaines. Il renchérit : «Ce sont les jeunes africains qui exprimeront leur ras-le-bol le 16 août prochain.»
Par ailleurs, Guy Marius Sagna, responsable du Front anti-Ape et anti-Cfa dénonce le traitement «inhumain» dont il a fait l’objet après son arrestation par des gendarmes en poste à l’aéroport Léopold Senghor. Il raconte : «Nous avions reçu des coups de matraque en bois. Quand ils m’ont mis dans la voiture, un agent m’a assené un violent coup de poing. On m’a obligé à me mettre en caleçon pendant une heure. Par décence, je ne veux pas répéter les propos que certains gendarmes ont tenus à mon endroit.» Didier Awadi conclut en répétant une célèbre citation de Thomas Sankara : «Malheur à ceux qui bâillonnent leur Peuple.»
ambodji@lequotidien.sn

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