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Face à la situation qui risque de dégainer si rien n’est fait, les autorités ont fini par s’organiser. Ainsi, sous la houlette du gouverneur de la région de Matam, un plan d’urgence a été mis en place. Les premiers éléments commencent même à être exécutés.

Si rien n’est fait, les prochains mois risquent d’être difficiles pour les populations les plus vulnérables de la région de Matam. Avec un hivernage tronqué et qui s’est achevé bien trop tôt, une crue inexistante, la période de soudure pourrait déboucher sur une crise alimentaire de grande ampleur. Mais c’est après quelques tergiversations que les autorités ont pris la mesure de la menace et décidé de prendre des initiatives. «Il y a quelques mois, nous avions analysé la campagne agricole et il y avait un certain nombre d’aléas qui méritaient d’être pris en compte pour anticiper des mois difficiles. Les aléas, c’est le fait que cette année on a eu une saison hivernale qui s’est arrêtée très tôt. Les techniciens parleront de déficit pluviométrique. Le deuxième élément, c’est que le fleuve n’a pas connu ses hauteurs habituelles. Et comme c’est à partir du fleuve que l’on pratiquait les cultures de décrue, cette année, elles ne peuvent pas être envisagées», explique le gouverneur de la région de Matam, Oumar Mamadou Baldé. A ces aléas s’est ajoutée une invasion d’oiseaux granivores qui ont eu le temps de faire quelques dégâts avant d’être anéantis.
Pour faire face à cette situation, un plan d’urgence a été mis en place. Selon le gouverneur, il comporte des réponses pour éviter une dégradation de la situation alimentaire. Ainsi, pour les populations des zones où les cultures de décrue ne pourront pas se faire cette année, les autorités envisagent «à la place une campagne de contre-saison céréalière pour permettre aux agriculteurs de faire du mil, du sorgho, du niébé, du maïs, des pastèques», explique le gouverneur. Ce programme qui est entièrement pris en charge par l’Etat en termes de semences et d’intrants est déjà en cours d’exécution avec une distribution de 200t de semences de niébé et 100t de sorgho. Autre parade envisagée, la mise en place d’une contre-saison chaude pour le riz. «Elle démarre en février-mars, mais d’ici là, des instructions ont été données à la Saed pour conduire un certain nombre de travaux pour réhabiliter les aménagements.» En plus, indique M. Baldé, un soutien est envisagé en termes de semences de riz et d’engrais : «Il y a une partie du Diéri et du Walo où nous ne pouvons pas faire arriver l’irrigation alors que ces gens avaient perdu leurs récoltes. Pour ça, une évaluation systématique a été faite et nous avons envoyé à la Primature l’expression de besoins pour le soutien. Quand elle va évaluer la situation, ils vont affecter à chaque région des quotas que nous distribuerons par le biais de commissions que les sous-préfets vont installer.»
Mais à côté de l’Etat, des Ong et des organisations internationales interviennent déjà sur le terrain. C’est le cas du Programme alimentaire mondiale (Pam) qui distribue des bons alimentaires aux ménages vulnérables. Sidath vit dans le quartier de Soubalo à Matam. Il explique avoir reçu un bon d’une valeur de 40 mille F qu’il a récupéré auprès des commerçants. En plus de Matam, Podor et Louga sont également ciblées dans ces opérations de cash transfert. Moulaye Diallo d’Acf explique qu’il s’agit de donner 5 000f par personne et jusqu’à 8 personnes par ménage pendant les trois mois de soudure entre septembre et novembre.
Les bourses familiales contribuent également à la prise en charge des personnes vulnérables. Kadia Soulèye vit dans le quartier de Thielol à Kanel. Veuve et mère de plusieurs jeunes enfants, elle reçoit 25 mille F tous les trois mois. «Les 25 mille servent à rembourser les dettes que j’ai contractées un peu partout. Parfois, ça ne suffit même pas à tout rembourser, mais au moins je peux continuer à emprunter», explique-t-elle. Pour le vieux Demba Bayla, l’argent de la bourse est partagé entre ses enfants élèves et étudiants installés entre Saint-Louis et Dakar. Pour Sidath, qui vit à Matam, l’argent est automatiquement utilisé pour acheter des vivres. Au total, 12 mille 977 ménages reçoivent une Bourse de sécurité familiale à Matam, explique Mamadou Boye Diallo, responsable de la structure. Parmi ces habitants, 10 mille 352 sont bénéficiaires de cartes Yaakaar et 2 625 de cartes d’égalité de chances.

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