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Face à l’explosion des cas, l’annulation des deux plus grands événements religieux au Sénégal, à savoir le Magal de Touba et le Gamou de Tivaouane, prévus respectivement en septembre et octobre 2020, ne devrait-elle être envisagée ? Abdoul Aziz Diop, Coordonnateur général adjoint du Forum civil, milite pour cette éventualité. Il pense qu’avec l’évolution inquiétante de la pandémie au Sénégal, et face au «déficit d’autorité de l’Etat ou inconscience et insouciance des citoyens avec les rassemblements, le non-respect des mesures barrières, le débat doit urgemment être posé avec lucidité et sans passion aucune avec les guides religieux pour l’éventualité d’une annulation de ces évènements religieux. Ou à défaut, que chacun le célèbre dans le strict cadre familial». Surtout que, fera-t-il remarquer, «avec l’annulation cette année du pèlerinage à la Mecque, un des piliers de l’islam avec toutes les conséquences socio-économiques corrélées à la chute du prix du baril, la préservation des vies humaines a pris le dessus sur les autres enjeux religieux, confrériques, diplomatiques ou socio-économiques». Selon lui, «l’heure est grave et l’Etat ainsi que toutes les forces vives de la Nation doivent conjuguer leurs efforts pour endiguer la pandémie». Il ajoute : «Autant l’Etat doit miser sur son pouvoir régalien pour le respect des mesures édictées, autant il doit renforcer la sensibilisation et l’engagement communautaire.» Il cite l’écrivain Paul Valéry pour asseoir son argumentation : «Si l’Etat est trop fort, il nous écrase. Et s’il est trop faible, nous périssons tous.» Et d’après le Coordonnateur général adjoint du Forum civil, «le risque de contamination et de propagation du virus à grande échelle est réel. Mieux vaut donc prévenir que guérir».

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