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Des associations des pêcheurs de Ouakam se sont retrouvées avec des membres des organisations de protection du littoral de Dakar pour s’élever contre l’idée d’implanter une usine de dessalement de l’eau de mer sur la berge de Ouakam.

Le projet d’installation d’une usine de dessalement de l’eau de mer sur la berge de Dakar serait inutile, car porteur de gros dangers pour l’environnement. Rassemblés samedi dernier à Ouakam, à la Maison des pêcheurs, près de la Mosquée de la Divinité, des membres de l’Association sénégalaise d’escalade et de sport nature (Ase/sn), membres également de la Plateforme pour l’environnement et la réappropriation du littoral (Perl), ont estimé que ce projet «est inefficient et impacterait négativement les activés professionnelles des pécheurs». Ils disent avoir saisi toutes les autorités administratives de la zone ainsi que le représentant de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) qui finance ledit projet. Mais à ce jour, leur cri d’alarme est resté sans écho.
M. Oumar Diagne, secrétaire général de l’Association Sos Littoral, entouré des membres de différentes organisations ainsi que des représentants des pêcheurs de Ouakam, s’est désolé de ce que les autorités les ont laissé dans une opacité totale quant au processus ayant conduit à ce projet. Il relève que lors des rencontres avec le préfet de Dakar, «cinq des dix personnes mandatées par les organisations des pêcheurs ont farouchement manifesté leur opposition, en faisant comprendre à l’autorité qu’elles n’avaient pas reçu toutes les informations nécessaires pour se déterminer dans leur décision en connaissance de cause». Malgré tout, elles déclarent avoir été mises devant le fait accompli et que les décisions ont été prises en dehors d’elles.
Oumar Diagne résumera leurs sentiments : «L’usine de dessalement qui va être implantée aux Mamelles pour un coût de 133 milliards Cfa est un projet inefficient et impacterait négativement les activités professionnelles de nos parents pêcheurs. C’est la raison pour laquelle on a essayé de mobiliser les forces citoyennes, notamment la Plateforme pour la réappropriation du littoral dont je suis le chargé du plaidoyer, de mobiliser des organisations des personnes-ressources et essayer de créer une synergie avec cette communauté de pêcheurs qui va être exposée et qui est très vulnérable aujourd’hui.»
Néanmoins, pour lui, les conséquences affecteront tout le monde. «Une usine de dessalement de l’eau de mer produit des déchets hautement toxiques pour l’écosystème marin, notamment de la saumure. La réaction chimique entre dans l’eau et l’usine va pomper par exemple 3 000 m3 par seconde pour la bouillir à 3 000 degrés. Mais forcément, il y a une solution chimique qui se dégage et celle-ci c’est la saumure. Et dans cette dernière, il y a ce qu’on appelle les organes chlorés (nitrate, zinc, etc.). Et ces matières chimiques détruiront l’écosystème marin, vont tuer le plancton et détruire le premier maillon dans la chaîne alimentaire.» Tout cela a, pour lui, des conséquences néfastes : «Après, la politique de repeuplement des espèces au niveau marin, c’est fini. Après, la mer n’aura plus de poisson et cela va causer des dégâts énormes sur le plan économique.»
Face à ces enjeux que la stratégie mise en place par les autorités officielles tend à camoufler, ces organisations de protection du littoral de Dakar se sont levées pour contraindre les autorités à reculer dans leur volonté.
Stagiaire

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