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La mise en place d’une banque des Soninkés est en gestation. Pour faciliter l’octroi de l’agrément, le Président Gambien, Adama Barrow, s’est engagé à accompagner dans ce sens. C’est en effet, ce qui est sorti de l’atelier tenu samedi sur la question en Gambie à l’occasion de la 6ème édition du Festival international soninké (Fiso). L’objectif est qu’au plus tard le 31 décembre que les études puissent être engagées. Car, les initiateurs du projet souhaitent sa réalisation avant la prochaine édition prévue en 2022. Et les experts engagés pour concrétiser le projet seront chargés de voir les modalités et mécanismes. Déjà, la capitale gambienne, Banjul, est retenue pour accueillir le siège de la banque, mais il y aura aussi des filiales dans les autres pays, à savoir le Sénégal, la Guinée, la Mauri­tanie, le Mali, la Côte d’Ivoire. L’institution financière pourrait-être une banque dont l’actionnariat sera soninké en majorité, mais elle sera toutefois ouverte à tous les actionnaires possibles.
«Les Soninkés sont des agriculteurs à l’origine, ce sont des gens qui sont des entrepreneurs, des industriels pour la plupart, on a énormément d’hommes d’affaires. Aujourd’hui, nous savons tous que les mécanismes de financement, c’est ce qui a de plus difficile à obtenir, donc si nous réussissons à mettre en place cette institution financière qui va nous permettre de financer nos projets, ça ne pourrait être que bénéfique pour nous. Pour ce qui est de l’actionnariat, c’est une entreprise qui sera à caractère entre guillemets privé, donc du coup l’actionnariat est ouvert à l’ensemble des Sonin­kés. Mais ce sont les personnes qui auront la volonté et les moyens de pouvoir investir dans la structure qui seront les actionnaires, faire en sorte que l’ensemble tous les pays concernés se reconnaissent dans le projet», dixit Dioulou Kamara de la banque centrale de Mauri­tanie.
Pour sa part, Dr Abdou­rahmane Sylla, professeur d’histoire des relations internationales au Mali, a rappelé que dans nos pays, les Soninkés sont souvent porteurs de grands projets, mais quand ils s’adressent aux banques, ils rencontrent d’énormes difficultés de financement, ou souvent avec des taux très élevés de prêt. Donc avec cette banque des Soninkés, dit-il, ce sont des contraintes que nous souhaitons traiter à l’intérieur de cette institution financière. «L’enjeu de la mise en place d’une institution financière, c’est un élément extrêmement important, ça fait partie des socles pour pouvoir construire la communauté. L’enjeu, c’est aussi de pouvoir s’assurer de son fonctionnement, des secteurs dans lesquels elle va intervenir, des acteurs qu’elle va toucher, de la manière dont chacun va pouvoir se retrouver à l’intérieur», a soutenu le Directeur général de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adpme), Idrissa Diabira.
msakine@lequotidien.sn 

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