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Ils ont voulu se rassembler au lieu symbolique des «Pro-Charlie», mais les opposants sénégalais n’avaient sans doute pas l’aura et le sens de l’organisation des militants de la liberté d’expression en France.

(Envoyé spécial à Paris) – La journée d’hier n’a pas été qu’une journée de distinctions et d’honneurs divers pour Macky Sall et sa délégation. Il semble que même sans vouloir rien faire, il réussit à paralyser toute l’opposition à sa personne et à sa politique. La preuve en a été faite une fois de plus hier à Paris. Au moment où le Président du Sénégal se rendait à l’hôtel Matignon pour un déjeuner avec le Premier ministre français, Bernard Cazeneuve, et avant de se rendre à l’Académie des sciences d’outre-mer, une poignée de compatriotes, vivant essentiellement en France, se retrouvait à la Place de la République, rendue encore plus célèbre pour avoir abrité les manifestations d’indignation et de solidarité qui ont suivi l’assassinat des journalistes de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo.
Ce groupe d’individus qui aurait dû être rejoint par certains dirigeants de l’opposition sénégalais, mais qui a été obligé de chercher à braver le froid du début de l’hiver à Paris en faisant les cent pas a montré son manque d’organisation et de coordination jusque dans ses affiches. Les manifestants ont en effet produit des affiches en dimension A3, sur lesquelles on pouvait notamment lire «Macky Sall/On n’en peut plus/Tu piétines/Les libertés publiques/Tu ruines/Le pays et tes concitoyens/Tu décrédibilises/Les institutions de la République…» Et elles étaient signées Front Manko wattu Senegaal/ Les représentants en France.
Ce groupe qui se présentait comme des opposants comprenait également une bonne partie de gens qui revendiquaient pour des infrastructures dans leur terroir au pays et qui ne s’intéressaient pas outre mesure à la politique de Macky Sall tant qu’elle ne concernait pas le département de Bakel. Quoi qu’il en soit, la manifestation qui était prévue de 14h à 16h n’avait pas commencé à 17h, alors que la foule des manifestants n’avait pas rassemblé une centaine de personnes et que des petites gouttelettes de pluies commençaient à tomber sur la Place de la République.
mgueye@lequotidien.sn

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