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Après la célébration de la Semaine régionale de la jeunesse, c’est une vive polémique qui vient de s’installer entre d’une part le chef du Service régional de la jeunesse, Amadou Lamine Guèye, le président du Conseil régional de la jeunesse, Cheikh Day Faye, et d’autre part le président du Conseil départemental de la jeunesse de Fatick, Massène Papa Guèye. Ce dernier accuse les deux premiers nommés d’avoir détourné plus de dix millions de francs lors de cette fête de la jeunesse.

La reddition des comptes ? Un thème bien en vogue par les temps qui courent et qui pourrait avoir inspiré le président du Conseil départemental de la jeunesse (Cdj) de Fatick, Massène Papa Guèye. Ce dernier exige la même chose du président du Conseil régional de la jeunesse (Crj), Cheikh Day Faye, et du chef du Service régional de la jeunesse, Amadou Lamine Guèye, par rapport à la Semaine régionale de la jeunesse et les accuse ouvertement d’avoir détourné les plus de dix millions de francs qui ont été mis à leur disposition pendant cette fête de la jeunesse. «L’inspecteur régional de la jeunesse de Fatick, Amadou Lamine Guèye, et le président du Conseil régional de la jeunesse, Cheikh Day Faye, nous doivent des comptes  parce qu’ils ont détourné plus de dix millions lors de cette semaine de la jeunesse», a d’emblée asséné le non moins chargé de mission du ministre des Sports, à l’occasion d’un point de presse tenu ce dimanche 2 avril 2017.
Convaincu de la culpabilité des gens qu’il accuse, M. Guèye va même demander des sanctions à leur encontre : «Nous demandons au ministre de la Jeunesse et de la construction citoyenne de relever de ses fonctions l’inspecteur régional de la jeunesse. Nous demandons aussi au président du Conseil national de la jeunesse du Sénégal (Cnjs) d’entendre le président du Crj de Fatick pour avoir fait du faux en gonflant la délégation de Niakhar d’où il est originaire afin de dissuader les jeunes de Fatick à prendre part à cette fête», plaide-t-il. Revenant sur les conditions dans lesquelles la délégation de Fatick a pris part à cette manifestation, Massène Guèye renchérit : « La délégation du département de Fatick a été victime de discrimination parce qu’il y a des compétitions auxquelles elle n’a pas été associée. En plus, les conditions d’hébergement n’étaient pas réunies parce qu’on a logé les différents participants dans une école où il n’y avait ni eau ni électricité et presque pas de sanitaires. Les conditions de restauration étaient précaires parce que les jeunes prenaient le déjeuner à 17 heures et le dîner à 2 heures du matin», dénonce-t-il vigoureusement. Poursuivant son réquisitoire, il ajoute encore une couche : «La semaine qui, conformément aux directives du ministre, devait se dérouler du 26 mars au 2 avril, a été écourtée rien que pour bouffer l’argent. Autre chose, lors du Comité régional de développement (Crd), il a été décidé que chaque délégation départementale va gérer sa propre restauration et son trans­port, mais tel n’a pas été le cas. Pis encore, on a remis 700 mille francs au département de Gossas pour son transport, 500 mille à Foundiougne qui ne se déplaçait pas et rien à Fatick. On a loué des bus pour les jeunes de Fatick et une fois sur place, on leur a remis 100 mille francs pour leur transport interne et au retour 100 mille alors que nous avions demandé un million de francs parce que Fatick compte 17 communes et Gossas n’en a que 6», s’étrangle-t-il de rage. Avant de lancer sa dernière salve : «Nous dénonçons également la politisation de cette semaine parce que le Cnjs et ses démembrements sont apolitiques et le resteront. Cette politisation a fait qu’au lieu d’organiser la semaine à Fatick où toutes les conditions étaient réunies, les gens ont préféré délocaliser la manifestation à Toubacouta pour essayer de combattre le président du Cdj que je suis et l’ensemble des jeunes du département de Fatick», a-t-il conclu.
Face à ces graves accusations de Massène Papa Guèye, on attendait la réponse du berger à la bergère. Et le président du Cjr de Fatick, Cheikh Day Faye, ne s’est pas fait prier pour sortir ses griffes. «Cela ne me surprend guère de la part de Massène Papa Guèye qui est quelqu’un dont le discours n’est plus audible dans la région. Mais puisqu’il veut du buzz, on va lui répondre. Je pense que si ce qu’il dit était vrai, ce sont plutôt ceux qui étaient présents à Touba­couta qui devraient nous dénoncer», dit-il d’abord de manière posée. Avant d’élever la voix : «C’est irresponsable de sa part parce qu’au moment où sa région organisait, il a préféré se réfugier à la semaine régionale de Saint-Louis et laissé les jeunes de son département à eux-mêmes. Massène Papa Guèye est un chasseur de primes. Il m’a demandé sans succès la somme de 1 million de francs pour le transport. Il savait que ce n’était pas raisonnable, mais c’était juste pour pouvoir grignoter une partie de cet argent comme à son habitude. C’est aussi un poltron qui, au lieu d’affronter les jeunes, préfère se camoufler derrière la presse pour dénoncer des choses qu’il ne maîtrise pas. Il est seul dans ce combat et veut se racheter parce qu’il est vomi par son Conseil communal. Les jeunes du département de Fatick et même de son Asc ne veulent plus de lui», dit Cheikh Faye. Lequel assure avoir géré de manière irréprochable les de­niers mis à sa disposition et promet de faire un bilan financier dans les meilleurs délais.
Pour sa part, le chef du Service régional de la jeunesse, Amadou Lamine Guèye, que Le Quotidien a joint par téléphone a dit ne pas être en mesure de se prononcer par rapport à cette affaire sans en avoir discuté au préalable avec le président du Comité régional d’organisation, à savoir le gouverneur.
dndong@lequotidien.sn

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