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Omar Sène, pdt du Conseil départemental de Fatick.

Le président du Conseil départemental de Fatick, qui devait être présenté au juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Fatick hier à 10 heures après son audition la veille par la Brigade de gendarmerie, hume encore l’air de la liberté. Mais si dans les 15 prochains jours il ne cautionne pas, Omar Sène risque de se retrouver en prison.

Le président du Conseil départemental de Fatick, qui a été auditionné jeudi par la Brigade de gendarmerie de Fatick avant d’être libéré tard dans la soirée, n’a pas encore été entendu par le juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Fatick. Selon des sources proches du dossier, le magistrat instructeur a donné à Omar Sène un délai de 15 jours, c’est-à-dire jusqu’au 8 novembre prochain, pour cautionner les quelque 12 millions de francs Cfa pour lesquels il est poursuivi dans une affaire de détournement présumé de deniers publics. Et ce sont sans doute les nombreuses tractations qui ont depuis lors été menées en haut lieu qui valent à ce partisan de Macky Sall de humer encore l’air de la liberté.
Ces déboires judiciaires de celui qui, de 2002 à 2009, fut le président du Conseil rural de Diaoulé font suite à une plainte du Conseil municipal de Ngayokhème contre l’entreprise Mina services, spécialisée dans la construction de salles de classe et dont il est le propriétaire. Ladite entreprise était attributaire en 2014 d’un marché de construction de quatre salles de classe dans les villages de Mbinondar et de Toucar, dans la commune de Ngayokhème, dirigée actuellement par le ministre de l’Intégration africaine et du Nepad, Mbagnick Ndiaye. Lequel, en mars 2018, avait annoncé avoir déposé une plainte contre l’entreprise Mina services qui n’aurait pas exécuté convenablement ce marché de 21 millions de francs Cfa.
A en croire toujours les mêmes sources, Omar Sène, en tant que président du Conseil départemental de Fatick, pourrait avoir d’autres ennuis judiciaires puisque des conseillers qui souhaitent savoir par où est passé l’argent inscrit en 2017 dans le budget de l’institution départementale pour la construction de deux salles de classe et d’un mur de clôture, respectivement aux Cem de Ndiongolor et de Poultock Ndiosmone, auraient porté plainte contre lui. Parce que sur le terrain, ces infrastructures que le président a déclaré avoir construit lors du vote du compte administratif en septembre dernier n’existeraient pas en réalité.
dndong@lequotidien.sn