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Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Fatick tient à faire éclater la vérité dans l’affaire dite «Lamine Koïta» qui, pendant une semaine, a tenu en haleine toute la capitale du Sine. Aussi, Abdoul Aziz Danfakha, lors du point de presse qu’il a animé samedi dernier, a-t-il annoncé l’ouverture d’une information judiciaire.

«Pour une meilleure manifestation de la vérité, une suite judiciaire plus appropriée sera réservée à cette affaire, notamment l’ouverture d’une information judiciaire.» Ainsi en a décidé le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Fatick, qui a tenu un point de presse samedi dernier sur ce qu’il est convenu d’appeler «l’affaire Lamine Koïta», du nom de ce jeune conducteur de vélotaxi âgé de 26 ans et dont les parents accusent la police de l’avoir tué la semaine dernière suite à son interpellation. D’emblée Abdoul Aziz Danfakha est revenu sur les premiers éléments de l’enquête à sa disposition : «Le lundi 10 février 2020, nous avons été informé d’un incident qui impliquerait des éléments de la police. Selon les premiers renseignements reçus, cinq éléments de la Brigade de recherches du Commissariat central de Fatick auraient interpellé au quartier Logandème sis à Fatick, suite à une course-poursuite, deux jeunes (Djibril Dabo dit Petit et Amadou Lamine Koïta), suspectés de détention de chanvre indien en vue de l’usage», a informé le maître des poursuites. Qui, par la suite, a laissé entendre qu’après avoir pris connaissance des premières informations relatives à cette affaire, a demandé à la brigade de gendarmerie de Fatick de mener une enquête exhaustive et diligente. Au cours de cette enquête, a-t-il fait savoir, «un témoin, Cheikh Tidiane Diop, a confirmé les déclarations de Djibril Dabo dit Petit, selon lesquelles Amadou Lamine Koïta est sorti des bastonnades des agents de la police très mal en point, vomissant du sang et saignant du nez, cet état ayant alors justifié son évacuation dans les mêmes circonstances à l’hôpital où il a succombé quelques minutes après. Abdou Aziz Fall a également affirmé qu’au cours de l’évacuation de la victime à bord de son véhicule, celle-ci lui aurait indiqué avoir mal au cœur. Egalement, un autre témoin du nom de Dame Diouf a confirmé avoir aperçu les policiers embarquer Djibril Dabo dit Pape et Amadou Lamine Koïta à bord de leur véhicule de couleur noire».
Des accusations qui, naturellement, ont été rejetées en bloc par les mis en cause. «Entendus à la brigade de gendarmerie de Fatick, les cinq éléments de la police incriminés ont unanimement contesté les faits à eux reprochés. Ils ont soutenu s’être transportés le jour des faits au quartier Mboubane de Fatick où, selon une information anonyme, des jeunes étaient en train de fumer du chanvre indien. Sur les lieux, deux individus seulement sur les quatre soupçonnés ont été interpellés suite à une course-poursuite. Aucune drogue n’étant en leur possession, ils les ont libérés sur ordre du commissaire joint par téléphone avant de regagner aussitôt leur service», a encore renseigné le procureur. Selon qui, les résultats de l’autopsie requise sur le corps de la victime, le lendemain 11 février 2020, ont révélé : «Une mort naturelle à la suite d’une cardiopathie valvulaire et ischémique décompensée et une absence de signe traumatique et de trace de violence.»
Peut-être que l’ouverture d’une information judiciaire, comme l’a dit le procureur de la République, permettra d’éclairer une fois pour toutes la lanterne des uns et des autres sur cette affaire qui a ému plus d’un Fatickois.
dndong@lequotidien.sn

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