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L’enseignement des sciences et mathématiques dès le bas âge peut susciter des vocations chez les enfants dans les secteurs les plus pointus. A Kaolack, les élèves de l’école Mouhamed Mansour Ba baignent dans cette ambiance grâce à l’encadrement d’un volontaire japonais et d’un inspecteur de l’éducation qui a effectué un stage de perfectionnement au Japon.

Les élèves de l’école Mouhamed Mansour Ba de Kaolack peuvent nourrir le rêve de devenir d’éminents scientifiques. Déjà, ils peuvent compter sur l’encadrement du volontaire japonais Noda Yuichiro, baptisé à son arrivée au Sénégal Mamadou Ba, et de l’inspecteur Ngor Ndour, qui a bénéficié d’un stage au Japon. L’ambassadeur du Japon, Tatsuo Arai, s’est rendu dans cet établissement pour assister à un cours en classe de Ce2 où les élèves ont été amenés à se faire une idée de la manière avec laquelle on arrive à faire envoler une fusée en bouteille. Le volontaire y est parvenu en reproduisant en miniature sur la base d’une bouteille surmontée de deux ailes. Sous les yeux admiratifs du diplomate, la fusée prend de la hauteur après qu’on lui a insufflé de l’air à l’aide d’une pompe et d’autres matériaux nécessaires à l’opération.
Conquis, le diplomate et le public s’inclinent devant cette prouesse réalisée par les Japonais aidés par les élèves de l’établissement. Le volontaire a aussi réussi à fabriquer une machine à trombones sur la base d’un alliage fait de batteries, de trombones et d’un aimant. Certains élèves ont réussi à faire l’appareil déclenchant des ap­plaudissements de l’assistance.
Ces activités de démonstration montrent la qualité de l’encadrement des élèves chaperonnés par l’inspecteur Ngor Ndour qui a fait un stage au Sapporo, au Japon, sur l’amélioration des méthodes d’enseignement ma­thé­matiques et des sciences. Cette expérience a permis à MM. Ndour et Ba d’offrir aux élèves et enseignants une caravane scientifique au niveau de 8 collèges pour les élèves et un séminaire pour 38 enseignants avec des démonstrations utilisant du matériel de récupération comme support. «Depuis mon retour de stage du Japon le 31 juillet 2017, j’ai pensé à mettre en œuvre un plan d’action. On a été très bien formé. J’ai dit une fois de retour, ces connaissances ne vont pas dormir dans les tiroirs», détaille l’inspecteur Ndour, qui donne les raisons de la mise en œuvre de la caravane des mathématiques et sciences en collaboration avec le volontaire dont la mission arrive à terme, après 2 ans de présence au Sénégal. Selon l’inspecteur Ndour, il faut «un changement dans les enseignements des mathématiques et des sciences avec des applications». Il prône aussi «l’égalité des chances dans la connaissance des sciences et mathématiques». «Qui a la science a le pouvoir. Qui a les mathématiques a le pouvoir», estime M. Ndour qui pense que «les élèves ne sont pas nuls, mais il suffit d’adapter les méthodes d’enseignement». Il compte sur l’insouciance : «Il faut laisser les enfants réfléchir et émettre des hypothèses. Certains diront que c’est l’air qui le retient. Certains diront qu’on a mis du scotch. En réalité, c’est l’air qui retient le ballon. Si on rompt l’équilibre en enlevant le scotch, dès qu’il y a rupture, le ballon se dégonfle.»
Abdou Senghor, directeur l’école d’application du Centre régional de formation professionnelle de Fatick (Crfe) vante les mérites de la méthode pédagogique «made in Japon», qui a contribué à renforcer la qualité des enseignements de son établissement. «Nous sommes à 100% au Cfee et à l’entrée en 6ème», salue le directeur de cet établissement. Lequel connaît un succès dans toute la communauté et croule sous la demande de plusieurs parents d’élèves qui «rêvent d’y envoyer leurs enfants» grâce à la qualité des enseignements. «Ce qui explique les effectifs pléthoriques dans les classes», dit le directeur qui fait un plaidoyer pour l’augmentation des capacités d’accueil.

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