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Les travailleurs des collectivités territoriales, qui attendent depuis 2011 la mise en application de la loi sur la fonction publique locale, devraient sous peu de temps voir le bout du tunnel. Du moins, si l’on en croit le ministre de la Gouvernance territoriale, du développement et de l’aménagement du territoire, Oumar Guèye, qui a annoncé lundi à Fatick qu’il ne reste qu’un seul décret sur les neuf que le chef de l’Etat devait signer pour la mise en œuvre de la Fonction publique locale.

«L’effectivité de la Fonction publique locale sera bientôt derrière nous puisque sur les neuf décrets que le président de la République devait signer, il n’en reste qu’un seul.» C’est l’assurance que le ministre de la Gouvernance territoriale, du développement et de l’aménagement du territoire a donnée lundi dernier aux travailleurs des collectivités territoriales qui ne comprennent toujours pas les lenteurs notées dans la mise en œuvre de la loi 2011-08 du 30 mars 2011, relative au statut général des fonctionnaires des collectivités locales. A en croire Oumar Guèye, le seul décret d’application qui reste est celui portant sur l’organigramme type des collectivités territoriales. «Nous avons déjà fini avec le projet de décret qui sera soumis à la signature du président de la République très bientôt», a-t-il précisé lors d’un Comité régional de développement (Crd) spécial consacré à l’évaluation de la phase 1 de l’Acte 3 de la décentralisation. Mais pour Mamadou Diouf, représentant des travailleurs des collectivités territoriales, cette promesse du ministre est loin de les emballer. «Nous sommes dubitatifs quant à la volonté des autorités de mettre en application cette loi qui date de 2011 et qui, en plus du changement de statut, devra permettre aux travailleurs des collectivités territoriales de pouvoir bénéficier d’indemnités, d’une prise en charge sanitaire, d’une certaine mobilité, entre autres», a déclaré le non moins coordonnateur de la Coalition régionale des centrales syndicales. Faisant le bilan de cette première phase de l’Acte 3 de la décentralisation, le directeur de l’Agence régionale de développement (Ard), Djidiack Faye, a pour sa part indiqué que le processus de mise en place de la Fonction publique locale est l’acte majeur qui réglerait l’organisation et la gestion des ressources humaines au niveau des collectivités territoriales.
Par ailleurs, le ministre a été interpellé sur la modicité du salaire des adjoints au maire qui, selon eux, font le gros du travail à la place des maires titulaires qui sont rarement sur place. Sous ce rapport, Oumar Guèye a laissé entendre que c’est un point qui sera pris en compte dans l’évaluation de l’Acte 3, comme étant une préoccupation majeure des maires et des adjoints au maire.
Se prononçant sur la question relative aux incohérences territoriales et soulevée par presque tous les intervenants, Oumar Guèye a déclaré qu’il faut avoir le courage de faire des correctifs pour avoir des collectivités territoriales viables, compétitives et porteuses d’un développement durable. Cela à travers un dialogue inclusif, apaisé et responsable entre les acteurs de tout bord. «Différer chaque fois ces questions pose plus de problèmes qu’il n’en règle. Il faut donc les aborder dans le calme et voir ce qui est bon pour les générations futures. Mais on ne doit pas découper pour une personne parce que les personnes sont des variables», a-t-il fait savoir.
Sur un autre registre, le ministre n’a pas manqué de rappeler les immenses efforts que les pouvoirs publics sont en train de fournir dans le cadre de l’appui financier aux collectivités territoriales. Ainsi, il a souligné que les Fonds de dotation de la décentralisation sont passés de 16 milliards de francs Cfa en 2012 à plus de 24 milliards de francs en 2019, et les Fonds d’équipement des collectivités territoriales, eux, sont passés de 12 milliards 500 millions en 2012 à près de 26 milliards de francs Cfa en 2019.
dndong@lequotidien.sn

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