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Décédé lundi dernier dans des circonstances qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets, le jeune conducteur de vélotaxi, Lamine Koïta, a été enterré hier vers 17h 30 au cimetière de Peulgha. Seulement, sa famille a réfuté la thèse d’une mort naturelle telle que révélée par les résultats de l’autopsie. Ainsi, elle a promis de porter plainte pour faire éclater la vérité sur cette affaire.

Tant attendus par les Fatickois, les résultats de l’autopsie du corps de Lamine Koïta, du nom de ce jeune conducteur de vélotaxi mort lundi dernier dans des circonstances qui restent encore à être élucidées, ont révélé «une mort naturelle». Laquelle, selon une source proche du dossier, pourrait être liée aux informations contenues dans le certificat de genre de mort et qui indiquent que le défunt souffrirait de problèmes cardiaques. Mais comme l’on s’y attendait, les camarades et parents de Lamine Koïta, qui ont depuis le début de cette affaire accusé les policiers d’avoir tabassé à mort ce jeune de 26 ans, ont catégoriquement réfuté la thèse d’une mort naturelle. S’adres­sant à la presse au sortir de la brigade de gendarmerie de Fatick où lesdits résultats leur ont été communiqués hier en début d’après-midi, les parents de Lamine Koïta ont laissé éclater leur indignation. «On nous a dit qu’il est mort d’une mort naturelle mais si c’est le cas, nous voulons être édifiés par rapport à ce qui l’a emmené de l’arène jusqu’au bord de la mer où il a été tabassé à mort», a déclaré une des tantes de Lamine Koïta, Astou Baly Seck. Qui révoltée, poursuit : «Nous sommes prêts à tout. Nous n’avons rien mais nous avons foi en Dieu et nous invitons tous les Sénégalais, à commencer par le Président Macky Sall et son épouse Marième Faye, à venir nous soutenir. Nous allons porter plainte et même si nous devons vendre la maison où nous habitons actuellement pour chercher un avocat, nous le ferons pour faire éclater la vérité sur cette affaire», dit-elle très furieuse. Mais, malgré sa colère noire, Astou Baly Seck a invité les jeunes au calme et leur a demandé de tout laisser entre les mains de la justice qui, selon elle, ne manquera pas d’éclairer la lanterne des Sénégalais par rapport aux véritables causes de la mort de son neveu. Cet appel à la sérénité a été plusieurs fois réitéré par les différents orateurs lors de la prière mortuaire effectuée dans l’enceinte de l’Institut Al Azhar qui a refusé du monde pour la circonstance. Malheu­reusement, les conducteurs de vélotaxi ont été sourds à cette invite. Après avoir accompagné leur camarade à sa dernière demeure au cimetière de Peulgha, ils ont encore investi les artères de la ville en érigeant des barricades par-ci, brûlant des pneus par-là. Ce qui a encore fait sortir les Forces de l’ordre qui depuis trois jours étaient sur le qui-vive. Ainsi, jusque dans la soirée, on pouvait encore entendre les grenades lacrymogènes tonner dans le ciel de la cité paisible de Mame Mindiss.

Le député Alla Guène pris à partie
Ce regain de tension a pris naissance à la maison mortuaire sise au quartier Mboubane. En effet, quelques minutes seulement après le retour du cimetière, alors que devait commencer une séance de prière, un conducteur de vélotaxi a surgi de nulle part pour interrompre l’imam Moudir Ndao de l’Institut Al Azhar, en train de faire une sorte d’introduction. Apostrophant le député Alla Guène dit Fada qui était assis non loin de lui, ce jeune a déversé sa bile sur les policiers et les responsables politiques de Fatick à qui il a reproché de n’avoir rien fait pour leur trouver du travail. Ainsi, s’est installée subitement une cacophonie indescriptible.
Pris à partie par des conducteurs de vélotaxi dont certains lui ont même jeté des sachets d’eau, Alla Guène, qui était accompagné de son collègue Papa Birame Touré, a trouvé refuge dans l’une des maisons jouxtant celle des parents du défunt, pendant une vingtaine de minutes. Par la suite, un véhicule est venu le chercher dans cette maison pour le faire échapper à la furie des conducteurs de vélotaxi. C’est après ce malheureux incident que les conducteurs de vélotaxi sont retournés dans la rue pour, disaient-ils, venger la mort de leur ami Lamino enterré aux environs de 17h 30.

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