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Hier, à l’ouverture de sa première session de l’année, la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Fatick a condamné les policiers Idrissa Guèye et Samba Diédhiou dit Gaïndé à trois ans ferme, après les avoir reconnus coupables d’«offre et de cession de chanvre indien, d’extorsion de fonds, de violence et de voie de fait».

L’affaire des policiers impliqués dans un trafic de chanvre indien, qui avait tenu en haleine la capitale du Sine depuis novembre 2014, a connu son épilogue hier. En effet, les policiers Idrissa Guèye et Samba Dié­dhiou alias Gaïndé, en service au commissariat urbain de Fatick, ont écopé d’une peine de 3 ans de prison ferme pour chacun. Ainsi, la Chambre criminelle, qui a débuté sa première session hier, les a reconnus coupables d’«offre et cession de chanvre indien», après avoir disqualifié les faits de trafic de chanvre indien à eux reprochés.
Ces deux policiers, qui étaient en service à la brigade de recherche du commissariat de Fatick, ont été également déclarés coupables d’«extorsion de fonds, de violence et de voie de fait» mais ont toutefois été acquittés du délit de «corruption et d’association de malfaiteurs».
La Chambre criminelle a aussi, au bénéfice du doute, acquitté l’assistant de sécurité de proximité (Asp), Abdoul Aziz Bâ, pour le délit de vol de portable. Un autre Asp, Alioune Badara Ndia­ye, a lui aussi bénéficié d’un acquittement du délit de non-dénonciation de crime.

Plus d’1, 3 million à payer solidairement aux victimes
Les deux policiers ont par ailleurs été condamnés à payer solidairement  la somme de 1 million 63 mille au plaignant Babacar Ndour, 100 mille francs à Aliou Sarr, 100 mille francs à El hadji Mamadou Sarr et 150 mille francs à Ousseynou Diouf en guise de dommages et intérêts.
Cette affaire, qui vaut à ces deux limiers un séjour carcéral depuis la fin du mois de novembre 2014, a débuté au courant des mois d’août et de septembre de la même année. A cette époque, les nommés Babacar Ndour, Mamadou Mbaye, Ous­seynou Diouf, Diouma Ndiaye, Aliou Sarr, Mamadou Diouf et Pierre Baye Bocar Sarr saisissaient le procureur de la Répu­blique  près le Tribunal de grande instance de Fatick de plusieurs plaintes contre les nommés Idrissa Guèye et Samba Diédhiou, tous en service au commissariat urbain de Fatick, pour des faits d’«extorsion de fonds, coups et blessures volontaires, enlèvement, séquestration, recel de drogue et détention illégale». L’enquête ouverte et confiée à la brigade e gendarmerie de Fatick révélait que le 1er octobre 2014, Idrissa Guèye et Samba Diédhiou et leur bande avaient fait irruption au marché hebdomadaire de Diouroup situé  à 15 km à l’ouest de Fatick, donc en dehors de leur secteur de compétence, pour y interpeller le nommé Serigne Niang sur qui ils ont exercé des sévices à leur domicile à eux avant de lui soutirer la somme de 135 mille francs, en lui laissant 100 mille francs.

3 millions réclamés à la seconde victime contre sa liberté
Le 3 octobre 2014, Idrissa Guèye, chef de la brigade de recherche, Samba Diédhiou et cinq Asp s’étaient rendus à Sarsara, un village de la région de Kaolack situé non loin de Gandiaye où ils ont interpellé le sieur Babacar Ndour avec 500 g de chanvre indien. Les policiers ont réclamé à Babacar Ndour la somme de 3 millions de francs en échange de sa liberté. Après des négociations, les policiers finirent par accepter la somme de 1 million et ont aussi pris  la somme de 63 mille francs qu’ils ont trouvée dans les poches de M. Ndour au moment de la fouille. A cela s’ajoute le fait que plusieurs personnes, qui ont été interpellées par cette brigade de recherche, ont dit avoir été victimes de maltraitances par ces policiers sus nommés dans les locaux de l’ancien commissariat qui leur servait de logement.
Les enquêtes menées par la brigade de gendarmerie de Fatick ont abouti à l’arrestation entre les 21 et 22 novembre 2014 de Idrissa Guèye, qui se préparait en ce moment à aller en mission au Darfour, Samba Dié­dhiou et les cinq Asp, Diène Dione, Assane Diouf, Abdoul Aziz Bâ, Abdou Karim Badji et Alioune Badara Ndiaye.
Tout ce beau monde sera par la suite placé sous mandat de dépôt le 24 novembre 2014, sous les vivats des conducteurs de vélotaxis qui les ont raccompagnés jusqu’à la Maison d’arrêt et de correction (Mac). Mais  à l’exception de Alioune Badara Ndiaye, tous les autres Asp avaient pu bénéficier d’une liberté provisoire le 26 mai 2015.
dndong@lequotidien.sn

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