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Fatoumata Gueye, présidente de l’Ajs.

L’Association des juristes sénégalaises (Ajs) tient à une application stricte de la loi sur la parité lors des prochaines élections locales. Pour y parvenir, elle mène d’ores et déjà une campagne de sensibilisation en faveur des élues et femmes leaders communautaires.

L’adoption de la loi 2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue homme-femme dans les instances électives et semi-électives a été perçue comme une avancée significative en faveur de la promotion de la femme et de l’amélioration de ses conditions de vie. Cependant, le décret d’application n° 2011-819 du 16 juin 2011 de ladite loi n’est pas respecté dans la plupart des cas. L’Association des juristes sénégalaises (Ajs) se bat aujourd’hui pour que l’application de cette loi soit effective lors des prochaines élections locales. C’est dans ce cadre qu’en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, elle a organisé la semaine dernière, dans la capitale du Sine, un atelier de formation et d’échange à l’intention des femmes élues et femmes leaders communautaires sur le thème «Parité et stratégie d’effectivité». A en croire la secrétaire générale de l’Ajs, cette session de formation vise essentiellement à doter les femmes élues et femmes leaders communautaires de «compétences assez solides pour veiller à l’effectivité des droits des femmes, à échanger sur les stratégies d’effectivité de la loi sur la parité et à mettre en place une stratégie d’application de ladite loi lors des élections locales à venir».
Précisant que l’effectivité de cette loi se heurte, entre autres, à son incompréhension et surtout à un déficit d’appropriation de celle-ci par les acteurs politiques, Zeynab Kane a par ailleurs déploré le fait que les décisions rendues par la justice, relativement à la violation de cette loi dans certaines collectivités locales à l’époque, n’aient pas été respectées par les autorités. «Quand la Cour suprême rend une décision, il faudrait que les autorités politiques se plient à la décision de cette institution, sinon c’est l’Etat de droit même qui est menacé», a-t-elle dit. Mme Kane rappelle que l’atteinte de l’égalité homme-femme constitue une «nécessité abso­lue». «Seules les économies qui jouissent d’un accès plein et entier à l’ensemble de leurs talents demeureront concurrentielles et pourront prospérer. Mais ce qui est encore plus important est que l’égalité homme-femme est une question de justice», a-t-elle fait savoir.

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