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La colère est aujourd’hui le sentiment le mieux partagé par les populations de Senghor qui ont battu le macadam samedi dernier en arborant des brassards rouges pour réclamer l’achèvement des travaux d’électrification de leur village.

Les populations du village de Senghor dans la commune de Diouroup n’en peuvent plus de vivre dans le noir. Raison pour laquelle, samedi dernier, elles se sont mobilisées comme un seul homme pour déverser leur colère dans la rue en vue de réclamer l’achèvement des travaux d’électrification de cette localité du département de Fatick où vivent quelque 3 mille âmes. «Le village de Senghor qui est l’un des plus grands de la commune de Diouroup n’est jusqu’à présent pas électrifié et nous trouvons cela inacceptable, inadmissible», a dénoncé d’un ton empreint d’amertume le porte-parole du jour, Aliou Diouf. Lequel de s’interroger sur les raisons qui font que les travaux d’électrification entamés depuis 2014 avec l’installation de poteaux électriques ne soient pas encore achevés. Ainsi, il interpelle directement le chef de l’Etat, Macky Sall, en lui faisant savoir que «l’érection de Diouroup en commune n’a eu aucun impact positif sur le vécu des populations de Senghor qui pourtant l’ont toujours soutenu». C’est pourquoi M. Diouf n’a pas manqué de demander à Macky Sall de «rendre à Senghor la monnaie de sa pièce». Sinon, renseigne-t-il, «s’il n’y a pas de réaction positive d’ici la tenue de la prochaine élection présidentielle, les populations qui ont toujours voté pour lui (Macky Sall) seront libres de choisir qui elles voudront», menace-t-il de manière à peine voilée.
Cette absence d’électricité, si on en croit Moustapha Ndour, le coordonnateur de cette marche de protestation, est très préjudiciable aux populations. Par exemple, au niveau du Collège d’enseignement moyen (Cem), la salle informatique n’est pas encore fonctionnelle et les professeurs sont obligés de parcourir 3 km pour se rendre à Diouroup afin de pouvoir faire imprimer ou photocopier des documents.
Dans le même ordre d’idées, M. Ndour souligne que pour faire fonctionner le forage, ce sont les villageois qui se cotisent régulièrement pour acheter du carburant à raison de 24 mille/jour soit 720 mille F Cfa le mois. Des dépenses qu’il trouve insupportables par les populations. Ce qui fait que le forage ne fonctionne qu’un jour sur deux voire plus, sans compter les pannes récurrentes. Dès lors, renseigne toujours M. Ndour, les femmes sont obligées d’aller puiser de l’eau de puits. Et là, fait-il savoir, les gens font un rang interminable et peuvent y rester pendant 2 à 3 heures d’attente du fait des puits qui se tarissent très vite eu égard à la forte demande. Au niveau du dispensaire, la situation est pareille puisque l’absence d’électricité fait qu’il est impossible d’y conserver certains types de médicaments. Voilà autant de faits qui rendent les revendications des populations de Senghor des plus légitimes.
dndong@lequotidien.sn

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