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Le verdict est tombé dans l’affaire opposant l’infirmier chef de poste de Keur Samba Dia à l’Ordre des médecins qui s’est constitué partie civile dans cette affaire. En effet, hier, Abdou Gackou a été reconnu coupable d’exercice illégal de la médecine par le Tribunal de grande instance de Fatick qui l’a con­damné à une peine de six mois assortie de sursis et du payement d’un franc symbolique à la partie civile.

Le sieur Abdou Gackou, Infirmier chef de poste (Icp) de Keur Samba Dia dans la commune de Fimela, l’a échappé belle.  Poursuivi pour exercice illégal de la médecine, cet agent sanitaire principal de classe exceptionnelle et âgé de 54 ans a été reconnu coupable hier par le Tribunal de grande instance de Fatick et condamné à six mois avec sursis. Au titre des dommages et intérêts, il doit payer un franc symbolique à la partie civile. Depuis 2003, Abdou Gackou faisait des échographies pour certaines de ses patientes sans être inquiété. C’est à partir de novembre 2014 seulement que Dr Mama Moussa Diaw  qui venait juste de faire deux ans à la tête du district sanitaire de Dioffior, a remarqué que M. Gackou faisait des échographies à Keur Samba Dia. Dès lors, il lui  intima l’ordre d’arrêter parce qu’à ses yeux, il n’en a pas les compétences. Mais comme si de rien n’était, Abdou Gackou, continua de faires des échographies pour les patientes qui le sollicitaient. Alors qu’il avait promis à son supérieur hiérarchique d’arrêter. «Je sais pertinemment que je ne dois pas faire des échographies sans être formé au Sénégal. Je suis certain que c’est pour mon bien que vous le faites mais rassurez-vous je serai en règle avant fin 2015 si Dieu me prête longue vie», disait-il dans sa réponse à la première lettre de Dr Diaw.   Ce dernier, en mars 2015, lui envoie à nouveau une lettre pour le mettre en demeure d’arrêter de faire des échographies. En vain. C’est dans ces entrefaites que M. Diaw s’en est ouvert au procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Fatick. Lequel, voulant jouer la carte de l’apaisement a demandé au commandant de la brigade de gendarmerie de Fimela de sommer M. Gackou de cesser ses activités délictuelles. De son côté, le sous-préfet de l’arrondissement de Fimela a, par arrêté en date du 5 août 2016, demandé à M. Gackou d’arrêter. A partir de ce moment, tout le monde pensait que M. Gackou s’est exécuté. Jusqu’à la date du 17 novembre 2016 où il reçut une de ses patientes habituelles, la dame Binetou Diaham qui provenait du centre de santé de Dioffior et se plaignait de maux de ventre et de saignements.  Il lui fait une échographie avec un diagnostic qui révèle, selon les dires de M. Gackou, «une suspicion d’avortement en cours ».  Un diagnostic que le témoin Albert Yamba et non moins médecin gynécologue en service à l’hôpital régional de Fatick a jugé de « faux » après avoir consulté la dame en question et pour laquelle il a demandé une intervention chirurgicale pour la sauver. Suite à tout cela M. Gackou a été arrêté par les éléments de la brigade de gendarmerie de Fimela qui l’a placé en garde à vue du 23 au 25 novembre 2016 avant  qu’il ne bénéficie d’une liberté provisoire. Hier devant la barre,  même s’il a enfin de compte regretté ce qui vient de se passer et a promis que cela n’arrivera plus, Abdou Gackou a, tout au long des débats, donné l’impression de quelqu’un qui  n’a rien commis de répréhensible du fait de deux attestations qu’il dit avoir obtenu de médecins belges. Dans sa plaidoirie, Me Souley­mane Mbaye, conseil de l’Ordre des médecins qui s’est constitué partie civile dans cette affaire, a estimé que les faits d’exercice illégal de la médecine sont constants. Puisque selon lui, M. Gackou n’a aucun diplôme pouvant lui permettre de procéder à des échographies. Par conséquent, il a demandé au Tribunal de condamner le prévenu à la peine qui lui plaira avec payement d’un franc symbolique. Voulant sortir son client des griffes de la justice, le conseil de la défense a, à son tour défendu avec becs et ongles que M. Gackou n’a pas fait un diagnostic mais s’est contenté seulement de manipuler la machine pour venir en aide à une femme qui était en danger. Il a par la suite demandé une application extrêmement bienveillante de la loi à défaut d’une relaxe pure et simple au bénéfice du doute.  Pour sa part, le parquet qui lui aussi  a dit être convaincu de la culpabilité du prévenu à qui il reproche de ne pas s’être amendé et d’avoir défié l’autorité, a requis une peine ferme sans précision.
dndong@lequotidien.sn

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