PARTAGER

Les membres du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) peinent à comprendre les soubassements du  procès intenté à un de leurs camarades en l’occurrence l’Infirmier chef de poste (Icp) de Keur Samba Dia dans la commune de Fimela, Abdou Gackou. Ce dernier, qui a comparu hier devant la barre du Tribunal de grande instance de Fatick pour exercice illégal de la médecine, avait auparavant bénéficié d’une liberté provisoire  après avoir passé 48 heures de garde à vue (du 23 au 25 novembre dernier) dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Fimela.
Venu apporter à son camarade le soutien du syndicat, Mballo Dia Thiam, qui conduisait une délégation du Bureau national de l’Unsas, se dit intrigué par ce procès qui, selon lui, n’a pas de plaignant. Il s’explique : «Ce qui intrigue le Sutsas, c’est un procès sans plaignant puisque la femme qui porte une grossesse extra utérine et qui fait l’objet du problème, n’a pas porté plainte, son mari aussi n’a pas porté plainte. Au contraire, c’est une famille qui s’offusque du fait qu’on ait arrêté ce monsieur-là qui a fait 30 ans dans la profession et qui aura rendu énormément de services à la contrée», renseigne le patron du Sutsas.
Revenant sur les raisons qui ont amené M. Gackou à avoir maille à partir avec la justice, Mballo Dia Thiam estime que c’est quand même étonnant qu’on puisse  reprocher à leur camarade  d’avoir exercé illégalement la médecine. «Ce que M. Gackou fait, entre dans un paquet de soins dédié à tout Icp qui, dans l’exercice de ses fonctions, exerce des actes dits actes délégués qui constituent une partie de la médecine.  Vous savez que dans les postes de santé il n’y a pas de médecin. Si l’infirmier dans un centre de santé ou un hôpital ne fait qu’appliquer les prescriptions du médecin, en brousse, on voit un tout autre personnage qui, de par ses fonctions, exerce des actes délégués», argumente-t-il.
Par ailleurs, Mballo Dia Thiam s’est demandé pourquoi l’Ordre des médecins a voulu être plus royaliste que le roi en se constituant partie civile dans cette affaire et a même demandé et obtenu son renvoi au 28  décembre. Tout en espérant que le droit sera dit le moment venu, le syndicaliste invite ses camarades à rester sereins.
  dndong@lequotidien.sn  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here