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Agé de 26 ans, le jeune Lamine Koïta, conducteur de vélotaxi de son état, a été tué hier à Fatick. Accusant les policiers d’en être les auteurs, la famille exige que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire qui a mis hier la capitale du Sine sens dessus- dessous.

D’ordinaire très calme, la capitale du Sine a connu hier une après-midi très mouvementée. Des affrontements d’une rare violence ont, en effet, opposé les conducteurs de vélotaxi et les policiers, accusés par les premiers nommés d’avoir tué un de leurs camarades du nom de Lamine Koïta ; ce, à la suite d’une inter­pellation en fin de matinée.
Après avoir appris la triste nouvelle, les conducteurs de vélotaxi de la cité de Mame Mindiss sont descendus dans la rue, un peu après 17h, pour déverser leur colère. C’est ainsi qu’ils ont dans un premier temps bloqué pendant une trentaine de minutes la Rn1 à hauteur du pont situé à la sortie de la ville en allant vers Kaolack. Chassés de là par les policiers qui ont usé de grenades lacrymogènes, ils ont investi les grandes artères de la ville en érigeant des barricades, brûlant des pneus et saccageant même certains véhicules. Ces jeunes ont également tenté de s’attaquer au Commissariat de police, mais la détermination des policiers les en a empêchés.
Interpellée sur les circonstances de la survenue de ce drame, une source policière renseigne avoir été infor­mée ver les coups de 11h de la présence de jeunes au niveau de l’arène du quartier de Mboubane en train de fumer du chanvre indien. A la vue des éléments de la police qui ont fait une descente sur les lieux, indique toujours la source policière, certains ont pu s’échapper, mais d’autres ont été appréhendés. Ces derniers, selon la même source, ont subi une fouille corporelle qui n’a pas donné les résultats es­comp­­tés. Du coup, informe toujours notre interlocuteur, les agents de police ont re­brous­sé chemin et laissé ces jeunes vaquer à leurs occupations.
Dans son récit, la source informe encore qu’un peu avant 14h, la maman de Lamine Koïta, accompagnée d’autres membres de la famille, est venue au commissariat pour dire aux policiers que son fils qui souffrait d’un asthme faisait partie des jeunes qu’ils ont interpellés quelques heures auparavant et qu’il est mort.

«Ils ont tabassé mon fils jusqu’à ce qu’il vomisse du sang»
Mais cette thèse de la police est battue en brèche par la maman de la victime. Trouvée à son domicile, sis au quartier Mboubane, Aïda Seck, sans porter de gants, affirme que son fils a été bel et bien tué par la police. «Les policiers ont interpellé mon fils et l’ont conduit à la mer avant de le tabasser jusqu’à ce qu’il vomisse du sang. Son camarade qui a été appréhendé en même temps que lui a pu s’échapper et a appelé un taximan pour qu’il vienne chercher Lamine et l’emmener à l’hôpital régional où il a succombé à ses blessures», a-t-elle témoigné le cœur meurtri.
Retraçant toujours le film des évènements, elle enchaîne : «Je pense que même si les policiers appréhendent quelqu’un qui est fautif, ils doivent l’emmener au commissariat au lieu de le tabasser à mort, à plus forte raison un innocent. Nous nous en remettons à Dieu, parce que nous sommes des croyants, mais nous exigeons que cette affaire soit tirée au clair par la justice parce que ce n’est pas un animal qui a été tué. C’est un être humain, de surcroît un soutien de famille qui n’avait de problème avec personne», a renseigné la dame éplorée, mais stoïque.
En plus, elle a soutenu mordicus que son fils ne souffrait d’aucune maladie et que même si elle s’est rendue à la police, elle n’a rien dit aux policiers.

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