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Baye Sagne, porte-parole des populations de Djilas.

C’est une situation assez rocambolesque qui prévaut actuellement dans la commune de Djilas où le maire El Hadj Ndour, depuis qu’il est élu, réside à l’étranger et ne séjourne que rarement chez lui. Ne pouvant plus supporter cette absence de leur édile, les populations demandent tout bonnement la mise sur pied d’une délégation spéciale à la tête du Conseil municipal.

Les populations de Djilas dans le département de Fatick sont en train aujourd’hui de regretter amèrement le choix qu’elles ont porté lors des dernières élections locales,  sur leur maire El Hadj Ndour. Un expatrié qui depuis son élection, vit à Cotonou au Bénin et ne viendrait au Sénégal qu’une seule fois tous les deux ou trois mois. Suffisant pour que ses mandants, au terme du forum qu’ils ont organisé le dimanche 19 mars 2017, en viennent à réclamer des autorités étatiques l’installation à la tête de leur Conseil municipal d’une délégation spéciale à même de prendre en charge leurs préoccupations. Selon le porte parole de ces populations, cette commune située entre celles de Loul-Séssène et de Diofior manque de tout ou presque. «Nous nous sommes réunis ce matin (le 19 mars) pour nous pencher sur les problèmes dont souffre notre commune qui est la seule du département de Fatick à ne pas disposer d’un lycée et pourtant nous avons un Collège d’enseignement moyen (Cem) depuis 2003. Nos enfants qui sont obligés de parcourir chaque jour 5 à 7 km pour aller étudier au lycée de Loul-Séssène ou à celui de Diofior ont du mal à faire de bons résultats scolaires», a déclaré furieux le jeune Baye Sagne. Lequel renseigne qu’en plus des problèmes liés à l’éducation, Djilas souffre de plusieurs autres maux comme le vol de bétail, l’absence d’électrification rurale surtout pour l’un des plus gros villages de la localité à savoir Faoye où des dizaines de tonnes de produits halieutiques et de sel sont en souffrance du fait de l’absence de piste de production pour leur évacuation vers les centres urbains.
Le comble du malheur, c’est que selon toujours ce poulain du Dr Cheikh Kanté, la personne à qui  il incombe le rôle de trouver une solution à tous ces problèmes, en l’occurrence le maire, ne réside pas au Sé­négal. «Au­jourd’hui, nous re­gret­tons de l’avoir élu parce qu’il ne fait rien pour notre commune. Il réside à Cotonou et ne vient ici qu’une seule fois tous les deux ou trois mois. C’est pourquoi nous demandons aux autorités étatiques de bien vouloir mettre en place une Délégation spéciale à la tête du Conseil municipal de Djilas»,  a plaidé Baye Sagne qui dit être certain que si les choses devaient rester en l’état, Djilas pourrait basculer dans le camp de l’opposition lors des prochaines élections.
Un responsable de l’Alliance pour la République (Apr), qui semble être très au fait de la situation qui prévaut à Djilas, a confié au journal Le Quotidien que les populations de Djilas n’ont récolté que ce qu’elles ont semé. «Cette situation n’est rien d’autre que la conséquence de la désunion qu’il y a eue au sein de l’Apr pendant les dernières élections locales. Ce gars (El Hadji Ndour) est venu avec son argent et s’est fait suivre par des gens qui l’ont choisi au détriment des vrais responsables de l’Apr et voilà aujourd’hui ce que ça donne», a-t-il témoigné non sans le regretter.

dndong@lequotidien.sn

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