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«Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fait chevalier de la Légion d’honneur.» C’est en ces termes que l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, a décoré dans sa résidence située au Cap Manuel, la sociologue et fondatrice du laboratoire Genre et recherche scientifique de l’Ifan (Institut fondamental d’Afrique noire), Fatou Sow Sarr.
Cette dernière, toute heureuse a reçu sa décoration, ce, sous le regard et les applaudissements nourris de sa famille, ses amies, les femmes du Caucus, ses collègues de l’Ifan et ses étudiants. Elle a remercié la France pour ce geste de reconnaissance de son travail sur le genre en ces termes : «Je voudrais, à l’entame de mon propos, remercier la République française qui a voulu me nommer au grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur et exprimé ma gratitude à l’ambassadeur d’avoir bien voulu me remettre cette prestigieuse distinction», a-t-elle dit, rappelant qu’elle «revêt une connotation singulière» d’autant qu’elle s’inscrit dans son combat pour les questions de la femme, la justice, l’égalité.
Dans son discours justement, l’ambassadeur Bigot est longuement revenu sur ce combat et sur le parcours de la sociologue grâce à qui le Laboratoire genre et recherche scientifique a été ouvert à l’Ifan. «A la fin des années 1990, vous publiez dans le bulletin de l’Ifan, un article : ‘’Le genre dans la recherche scientifique’’, dans lequel vous démontrez l’urgence dans la recherche sociale de la problématique des rapports sociaux, autrement le genre. Sur la base de ces travaux, un poste de sociologue spécialisé est ouvert à l’Ifan dès 1999. En 2004, vous mettez en place le laboratoire Genre avec pour objectif d’institutionnaliser à l’Ucad le genre et de former et encadrer les étudiants», note-t-il en qualifiant la bonne dame de «militante infatigable de la cause des femmes», puisque c’est grâce justement à sa détermination et celle des femmes réunies autour du Caucus des femmes leaders qu’en 2010, le projet de loi sur la parité sera largement vulgarisé et mis en œuvre.
Au vu du parcours élogieux de Fatou Sow Sarr, cette reconnaissance est toute méritée selon l’ambassadeur de France au Sénégal. La récipiendaire, elle, y voit un sacerdoce. «Cette décoration est un défi pour moi de poursuivre jusqu’au bout avec le même engagement, cette quête d’idéal», dit-elle, soulignant que ce qui reste à faire est encore «plus important». «La parité n’était pas pour nous une finalité mais un moyen d’aller vers l’égalité. On est loin de l’égalité au Sénégal. Les femmes sont encore au bas de l’échelle. Elles sont moins de 24% dans la fonction publique. L’accès à la terre, c’est 13,8%. Dans le monde rural, 88% d’entre elles continuent encore à aller chercher du feu de bois. Donc le combat pour améliorer la condition de vie des femmes, pour rétablir la justice et l’équité n’est pas encore terminé. Nous ne devons pas renoncer», indique-t-elle toute revigorée et se félicitant aussi du travail accompli par les autres générations : les pionnières.
aly@lequotidien.sn

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