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Le Président américain Donald Trump vient de commettre un incident diplomatique très grave en insultant les Peuples noirs à travers les pays africains et haïtien.
Cependant, je considère qu’il s’agit d’une nième déclaration venant d’un chef d’Etat occidental. Rap­pelons-nous la déclaration de Jacques Chirac qui disait que la démocratie est un luxe pour l’Afrique.
Le Président Nicolas Sarkozy a, lui aussi, sa déclaration. En juillet 2007, il disait ceci :
«Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique». «Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique, car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs». «Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine de ma pitié» ? «Je ne suis pas venu effacer le passé, car le passé ne s’efface pas». «Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes». «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles». «Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès.»
La déclaration de Donald Trump vient s’ajouter à la polémique. Chaque déclaration a soulevé, en son temps, un tollé indescriptible. Pourtant, l’une des premières déclarations officielles les plus offensantes et outrageantes vient du Parlement français en 1885. «La Déclaration des droits de l’Homme n’avait pas été écrite pour les Noirs de l’Afrique équatoriale», Jules Ferry, homme politique français (1832-1893).
La vérité est que l’Afrique rime avec la misère, les guerres civiles, les génocides, les élections truquées, les modifications constitutionnelles, selon l’orientation du chef, les Présidents à vie…
Si le Président sénégalais, M. Macky Sall, peut réagir avec autant de vigueur en se sentant offensé au plus haut niveau, tel n’est pas le cas des autres Présidents africains. La raison est toute simple. Con­trairement à certains pays, le Sénégal est devenu la vitrine de la démocratie en Afrique, avec un Peuple mûr et engagé à mener son pays vers l’émergence. Nous devons tous nous insurger, à l’image de notre Président, contre cette déclaration qui nous rappelle tant d’années d’esclavage et de colonisation. M. Trump ignore que ce sont ces Peuples noirs qui ont été utilisés comme des machines et qui sont à l’origine du développement économique et industriel de l’Amérique et de l’Europe que nous connaissons aujourd’hui.
Cependant, au lieu de nous verser dans l’euphorie, nous devons tirer les leçons de ces différentes déclarations destinées à l’Afrique et à son Peuple en adoptant ou créant des modèles de gouvernance ou de vie pour ne pas rater le train des siècles à venir. Elles doivent servir à rapprocher les Peuples africains dans le respect et la cohésion nationale.

Malick FALL
Ngohé (Arrondissement de Ndoulo – Département de Diourbel) – fallmalik@yahoo.fr

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