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Maîtrisard en économie, Souleymane Fall Coulibaly a été attrait à la barre, hier, pour le délit de faux et usage de faux dans un document administratif. Il est à l’origine de l’arrestation d’un bachelier au consulat de France. Pape Daour Mbengue voulait un visa pour aller poursuivre ses études dans le pays de Marianne.

Titulaire du Baccalauréat série T, Pape Daour Mbengue risque de rater l’année universitaire 2017-2018. Pour cause, il ne s’est pas inscrit lors des orientations dans les universités publiques du Sénégal. Le bachelier avait, en effet, concentré toute son énergie aux étapes de la prescription pour l’étranger. Accepté à l’université de Nancy en France, il a vu sa demande de visa être rejetée. Hier, le jeune homme est revenu sur les péripéties de cette affaire devant le juge du Tribunal d’instance. Pour avoir un certificat de prise en charge et de logement, dit-il, il s’est rendu à une agence d’orientation et d’assistance. Pour ça, il dit avoir déboursé la somme de 400 mille francs Cfa. Muni de ces documents, il a été au consulat de France pour demander un visa. Surprise ! Les services consulaires ont démasqué la fausseté desdits papiers. Et l’ambassade n’a pas mis du temps pour notifier à la police le cas du bachelier. M. Mbengue donne par la suite le nom de la personne qui lui avait fourni les documents. Il s’appelle Souleymane Fall Coulibaly. A la barre, le prévenu a donné l’origine des documents. Il dit : «il avait sollicité notre assistance pour le dépôt de visa. J’ai contacté Mamadou Kandé qui est à Reims en France. Il m’a envoyé la prise en charge par mail le 13 août», a expliqué le mis en cause. Le papier, dit-il, a été confectionné moyennant la somme de 250 euros, équivalent de 160 mille franc Cfa. Quant au certificat qui devait assurer que quelqu’un s’est engagé à loger le demandeur, le prévenu dit l’avoir acquis par le canal d’une de ses connaissances. A l’enquête, Souleymane Fall Coulibaly a déclaré avoir aidé depuis 2010, année d’ouverture de son agence, plus d’une centaine de demandeurs de visa pour poursuivre leurs études. «Je ne savais pas qu’ils ont été obtenus frauduleusement», répond-il au procureur qui lui a signifié que le titulaire des papiers a déclaré que ses données personnelles ont été volées sur le net. Le ministère public, qui a requis l’application de la loi, a informé le prévenu qu’il y a d’autres plaintes contre lui. Assis dans la salle, son papa n’a pas pu retenir ses larmes. Pour Me Ndiogou Ndiaye, son «client a été induit en erreur par ce Mamadou Kandé. Il l’a fait à d’autres agences en les envoyant de faux documents et en récoltant des euros. Les faits restent constants. Parce qu’il ne peut pas le prouver. Mais je suis persuadé qu’il est de bonne foi. Je pense qu’il a compris et je suis sûr qu’il s’est amendé. Il ne va plus recommencer». Selon l’avocat, une application bienveillante de la loi pénale peut l’aider parce que «c’est un garçon qui a de l’avenir» avant de s’excuser pour le tort causé au bachelier. Pour­suivi pour le délit de faux et usage de faux dans un document administratif, le maîtrisard en économie sera fixé sur son sort le 8 octobre.
msakine@lequotidien.sn

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