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Attrait devant la barre par les parents d’élèves pour faux et usage de faux en écriture privée, le directeur du Complexe Darou Xitna risque 2 ans avec sursis et une amende 100 mille francs Cfa. Il devra aussi payer à la partie civile, la somme de 10 millions de francs si cette requête est acceptée. La décision sera rendue le 4 janvier prochain.

Pour l’avenir de leurs enfants, l’association des parents d’élèves du Complexe Darou Xitna ne lésine pas avec la rigueur et le sérieux. Le directeur dudit établissement l’a appris à ses dépens. Hier, Takha Ly était devant la barre du Tribunal correctionnel de Dakar. Il comparaissait pour le délit de faux et usage de faux dans un document privé pour lequel il risque 2 ans assortis de sursis. Selon le président des parents d’élèves, Pape Mbaye, le directeur a reporté les notes de tous les élèves sur leurs bulletins du second semestre alors qu’ils n’ont pas composé la matière concernant l’éducation islamique. A en croire Pape Mbaye, l’enseignant chargé de dispenser ce cours a été remercié par les responsables de l’établissement. Seulement, cette décision n’a pas été mise à la connaissance des parents d’élèves, a remarqué M. Mbaye. Ainsi, l’Association des parents d’élèves a interpellé le directeur qui, selon son président, a nié les faits. Mais suite à des investigations qu’ils ont menées en interne, ils ont découvert que tous les élèves concernés n’avaient pas composé ladite matière. C’est ainsi qu’ils ont porté plainte contre Takha Ly pour faux et usage de faux en écriture privée en vue, disent-ils, de préserver l’avenir de leurs enfants. Ils ont réclamé 10 millions F Cfa en guise de réparation.
Le directeur du Complexe Darou Xitna soutient devant le juge que les choses ne se sont pas déroulées comme relatées par le président des parents d’élèves, qui était hier le seul devant la barre. «La professeur de mathématiques m’a dit que des rumeurs courent comme quoi l’enseignant de l’éducation islamique a des affinités avec ses élèves, notamment des jeunes filles. Avec l’équipe pédagogique, nous avons mené des enquêtes et nous avons trouvé qu’il avait des relations très louches avec ses élèves. Nous avons décidé de nous séparer de lui», a déclaré M Ly. Après concertation, poursuit-il, l’équipe pédagogique a décidé de reconduire les notes du premier semestre en ce sens que c’est une matière facultative qui ne saurait causer de préjudice aux élèves.
A la question du juge de savoir où ils ont pris les notes, le prévenu a avoué qu’il s’agit bien des notes du premier semestre qu’ils ont reconduites. Est-ce que c’est normal lui a demandé le juge ? «Oui», a répondu Takha Ly en invoquant une jurisprudence du Cusems, qui aurait une fois conseillé de prendre une décision pareille dans un cas similaire. Selon toujours le directeur général de l’établissement, ils n’ont causé aucun préjudice aux élèves. Mais, le juge de lui préciser qu’il n’est pas évident pour un élève qui a 12 moyenne au 1er semestre ait forcément la même note au second.
Le procureur revient à la charge. «Est-ce que c’est toi qui délivre les bulletins ?, lui demande-il. C’est le conseil des enseignants, mais c’est moi qui mets les notes dans les bulletins», a répondu le prévenu, qui reconnait n’avoir pas informé les parents de la situation qui a prévalu. Selon le procureur, le fait que les faits soient dénoncés par une autre personne n’enlève en rien leur gravité. Estimant qu’ils sont imputables à Takha Ly, il a requis à son encontre 2 ans assortis de sursis et une amende de 100 mille francs Cfa.
La défense n’est pas du même avis. «Comment peut-on traduire un directeur d’école qui a fait correctement son travail en justice ?», s’est interrogé Me Diarra. «On s’est séparé du prof de l’éducation islamique à quelques encablures du 2e semestre et il fallait régler le problème. Et c’est le conseil des classes, qui s’est réuni pour trouver une solution. Et en statuant sur l’éducation islamique, dit-il, ils ont décidé de reporter les notes du premier semestre pour cette matière. C’est une coutume.» Il a plaidé la relaxe pure et simple de son client, qui sera édifié sur son sort le 4 janvier prochain.
justin@lequotidien.sn

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