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Un fonds de 180 millions de francs Cfa est alloué cette année aux cultures urbaines. Avant-hier, au centre culturel Blaise Senghor, le ministre de la Culture, Abdoulaye Diop, a remis des chèques allant de 1 à 8 millions de francs Cfa par bénéficiaire.

La cérémonie de remise de chèques de financement aux structures bénéficiaires du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu) s’est déroulée avant-hier au centre culturel Blaise Senghor. Cette année, on compte 65 bénéficiaires dont 35 qui ont déjà reçu leurs chèques pour un fonds de 180 millions. Une distribution qui varie de 1 à 8 millions de francs Cfa par bénéficiaire. L’objectif étant d’accompagner les entreprises et associations légalement constituées, dans leurs projets de formation, de création, de production artistique et de mobilité. Toutes les disciplines des cultures urbaines sont concernées : graffiti, hip-hop, rap, slam et street-art. Les attributaires ainsi que l’ensemble des acteurs culturels ayant effectué le déplacement ont tous magnifié cette politique de l’Etat.
Mme Bocandé représente Artea culture, une structure qui initie des jeunes à la danse. Elle ne cache pas sa satisfaction, car le financement qu’elle vient de recevoir, va permettre, selon elle, à la structure de se reprocher des objectifs qu’elle s’est fixés. «Nous avons l’habitude de faire du social dans la banlieue avec la formation de jeunes dans la danse, nous les aidons à mieux cerner leur culture. J’ai reçu 4 millions et j’en suis contente. Il y a beaucoup de choses à réaliser et nous rendons grâce à Dieu», a-t-elle expliqué, l’air enthousiaste. Docta le graffeur a également reçu un financement.  «Ça nous fait plaisir parce qu’on voit que l’excellence qu’on prône dans notre démarche est magnifiée et soutenue à travers ce fonds des cultures urbaines», a-t-il dit. Il fait partie des premiers bénéficiaires de ce financement qui date de quatre ans. Le pionnier du graffiti au Sénégal, profitant de la cérémonie pour exposer certaines de ses magnifiques œuvres dans la salle qui a reçu les bénéficiaires en présence d’éminentes personnalités du monde de la culture, a insisté pour que les attributaires en fassent bon usage. «Maintenant, c’est à nous de faire comme on l’avait dit au président, et comme on le fait depuis que ce fonds existe, en faire bon usage en sachant que c’est de l’argent public», dit-il. Dans la foulée, il ajoute : «Ce projet nous a permis de nous structurer. Il vise à prôner l’excellence et à créer des champions.» D’ailleurs, selon lui, toutes les structures qui n’existaient pas au début, ont été conscientisées pour qu’elles se développent dans leur domaine d’activité comme ce fut le cas de son association Doxandem squad, du label 99 records de Simon, ou de Africulturban du rappeur Matador.
Gacirah Diagne de l’association Kaay Fecc, qui a d’emblée magnifié ce financement, invite par ailleurs les acteurs culturels à avoir une autonomie financière. «C’est toujours positif et utile, mais il faut en même temps penser à être autonome pour ne toujours dépendre d’une subvention.»

Une jeunesse talentueuse
Le ministre de Culture et de la communication, qui a présidé la cérémonie, a exprimé ses sentiments de joie et s’est félicité d’être venu à la rencontre de cette jeunesse «talentueuse et ambitieuse» dans le cadre des cultures urbaines. Il a également souligné que c’était «une forte volonté du chef de l’Etat de prendre l’engagement d’accompagner toutes les cultures urbaines». Chemise bleue, les manches relevées jusqu’aux coudes, casquette sur la tête, Abdoulaye Diop déclare : «Depuis son avènement au pouvoir, le Président a mis un accent particulier sur l’art et la culture.» Et face à l’interpellation de Malal Talla, alias Fou malade, qui demande à ce que ce fonds soit régionalisé, Abdoulaye Diop a répliqué aussitôt que la politique du gouvernement s’est orientée dans ce sens. «Il est important de dire qu’il faudrait être équitable et trouver un certain nombre de mécanismes afin que les gens talentueux que nous avons dans les différentes régions puissent en profiter et bénéficier de ces fonds. Lorsqu’il y a une distribution nationale, l’idéal serait que tous les talents puissent en profiter, mais également bénéficier des avantages et des appuis du gouvernement». En ce qui concerne les critères d’éligibilité, Abdoulaye Diop estime que «les structures ciblées constituent que les différentes demandes venant du centre culturel choisies selon l’urgence et la maturité des projets».
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