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Le président de la Fédération sénégalaise de football était, ce samedi, l’invité de la plateforme de l’Asso­cia­tion nationale de la presse sportive du Sénégal (Anps). Entre autres questions, Me Augustin Senghor est revenu sur la fin de son mandat à la tête de l’instance fédérale et sur sa candidature agitée à la présidence de la Caf.

Deux questions étaient très attendues lors du face-à-face, via WhatsApp, de ce samedi entre le président de la Fédération sénégalaise de football et les journalistes de l’Anps : celles de la fin de son mandat à la tête de l’instance fédérale et d’une éventuelle candidature à la présidence de la Caf.
Sur la question s’il va se représenter ou pas à la fin de son mandat, prévu en 2021, Me Augustin Senghor préfère différer sa réponse. «J’ai été élu en août 2017 pour un mandat de 4 ans. Il reste encore plus d’un an. En attendant je suis tourné vers ma mission, vers les engagements que j’avais souscris en 2017 et pour lesquels beaucoup a été fait. Mais il en reste encore, il y a de grands chantiers. Nous notre objectif aujourd’hui, ce n’est pas de savoir si on reste ou si on part. Ce qui nous intéresse c’est, quelle que soit la situation au moment de partir, qu’on puisse léguer aux dirigeants qui vont venir des acquis qui leur permettront de maintenir les progrès qui sont en cours. Et surtout que les futures générations du football puissent en bénéficier.»

«Installer un tel débat sur des élections qui ne sont pas encore là, ce serait nous détourner de l’essentiel»
Le patron du foot sénégalais de poursuivre : «Mais ma candidature ce n’est pas ce qui compte. Aujourd’hui je fais focus sur ma mission, sur mon travail. J’ai toujours eu à bénéficier de la confiance des acteurs du football et des autorités du pays. Et tout ce qui a été fait ce n’est pas ma personne qui a compté mais c’est l’équipe fédérale qui l’a fait. Elle a travaillé d’arrache-pied. C’est vrai que tout n’a pas été rose mais dans l’ensemble tout le monde a tiré dans le bon sens c’est pourquoi on est arrivé à ces résultats probants. C’est sur ça qu’il faut se fixer. Installer un débat sur des candidatures pour des élections qui ne sont pas encore là ce serait nous détourner de l’essentiel. Mais il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Le moment venu je pourrais m’adresser à ceux qui m’ont confié le mandat sur ce que je vais faire. Ce sera certainement lors de l’Ag ordinaire qui va précéder l’Ag élective de 2021.»
Qu’en est-il de ceux qui jugent qu’il doit continuer pour achever les travaux entamés, à l’image de l’ancien coach des Lions et président de la Linguère, Amara Traoré ? «Ça me fait plaisir d’entendre certains qui souhaitent que je continue le job. Nous sommes dans une continuité. Mais chacun a une durée de vie au niveau de ses fonctions. L’essentiel c’est de travailler chaque jour comme si on devait rester pour une éternité. Mais en même temps, se dire que chaque jour que Dieu fait on peut partir. Je suis rentré dans cette maison de la présidence de la fédération en venant avec mon fagot que je n’ai jamais détaché. J’ai commencé à construire cette maison comme si je devais y rester toute une éternité. Mais c’est aussi partir et laisser un héritage à ceux qui suivront pour qu’ils puissent bâtir cette maison», fait-il remarquer.

Présidence Caf : «Laissons le destin faire son chemin»
Au niveau africain, sa candidature a été aussi agitée concernant la présidence de la Caf. «On estime que j’ai un profil intéressant pour diriger la Caf. Ça se dit, j’entends et j’ai eu à me prononcer là-dessus. Je reste sur mes principes qui veulent que je suis à la Caf pour apporter ma contribution aux côtés d’autres. Chacun a son rôle, moi j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice. Le jugement des autres est important pour chaque être humain, mais l’essentiel c’est de rester sur ses principes, de travailler à œuvrer pour l’intérêt général. Après notre sort n’est pas le plus important, mais je crois aussi fortement au destin. Nos destins sont écrits pour chacun d’entre nous. Laissons le destin faire son chemin et faire ses choix. Demain on saura ce qu’il adviendra», philosophe Me Senghor. Qui ajoute : «Ce qui est important pour moi c’est que je ne me couche jamais en pensant à un poste de président de Caf. Par contre je me couche tous les jours pour voir une Caf rayonner ; et j’y travaille aux côtés du président Ahmad pour apporter ma part à la construction de l’édifice d’un football africain fort. Je suis dans le projet de jouer pleinement mon rôle au sein du Comité exécutif avec les responsabilités nombreuses que le président Ahmad m’a confiées.»

Can à 24 : nécessité d’une co-organisation
La Can 2025, confiée à la Guinée Conakry, s’est aussi invitée au débat avec l’idée agitée d’une co-organisation avec ce pays voisin. «Je dois d’abord dire clairement que la Can 2025 a été attribuée à la Guinée et non pas aux deux pays. Aujourd’hui, nous n’avons pas les cartes en main et c’est la Guinée qui doit dire si elle est prête ou non à organiser seule ou s’ouvrir à d’autres pays. Je me suis prononcé une fois sur cette question en disant que ce serait une excellente chose de le faire. D’ailleurs avec les projets mis en branle par le gouvernement, le Sénégal se prépare pour organiser dans quelques années. Mais il faut reconnaître qu’une co-organisation sera plus légère surtout avec une Can à 24 équipes. Il faut que nous Africains qu’on puisse avoir l’humilité de faire les choses ensemble. Des pays gigantesques comme les Etats-Unis, le Canada et le Mexique décident de se mettre ensemble pour la Coupe du monde 2026. L’Afrique devrait le faire pour une Can à 24 qui n’aura de sens que si on arrive à pousser les pays voisins d’aller vers des co-organisations.»

Covid-19 : «On attend le soutien de l’Etat»
Actualité oblige, les conséquences de la pandémie du Covid-19 ont été aussi abordées. Sur ce point, le président de la Fédé dit attendre la promesse des autorités.
«Je pense que nous sommes en pleine pandémie de Covid-19 et comme dans beaucoup de secteurs d’activités de sport dans le pays, seule la Fédération de football a en son sein une Ligue professionnelle et des clubs amateurs qui investissent plus que d’autres disciplines et en payant des salaires», indique-t-il. Avant de lancer un appel : «Nous avons été très impactés négativement et nous avons espoir que l’Etat devra accompagner le sport et le football. Nous avons aussi joué notre partition dans la lutte et nous continuons à le faire. On a vu qu’ils ont aidé la culture et on est optimistes. On sait que l’Etat ne nous a pas oubliés. Après les acteurs culturels, l’Etat va se tourner vers les sportifs et surtout les footballeurs qui en ont vraiment besoin.»
D’ailleurs justement sous ce chapitre financier, Me Senghor révèle que la Fédération a débloqué pour les acteurs du football, «une somme estimée près de 600 millions Cfa. Et nous continuons car vendredi nous étions à Toubab Dialaw et Guéréo pour soutenir les personnels de ces centres, les populations, sans oublier les différents staffs techniques de nos équipes nationales. Et il y aura le beach doccer et d’autres secteurs qui seront soutenus», a-t-il promis.

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