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Le président du Conseil d’administration tire la conséquence de l’échec des négociations entre le gouvernement et le groupe scolaire Yavuz Selim. Pour lui, l’Etat a fermé les écoles Yavuz Selim. Et par cette mesure, il a privé «3 000 élèves dont 403 issus de familles démunies d’une éducation de qualité, mais aussi a mis au chômage 517 Sénégalais». Une décision «regrettable» qui compromet plus de 20 ans de dur labeur, selon Madiambal Diagne.

«La principale conséquence de la décision de l’Etat de mettre sous administration provisoire les écoles Yavuz Selim, c’est la fermeture des écoles. Le gouvernement a décidé de fermer les écoles Yavuz Selim», soutient Madiambal Diagne. Du moins, «s’il campe sur la position», précise le président du Conseil d’administration de Yavuz Selim Sa. Le Pca a été très clair dans son propos, malgré quelques demandes de parents visiblement dépassés et qui cherchent «désespérément» une solution de sortie de crise. Selon lui, il n’est pas question qu’il accepte l’administration provisoire proposée par l’Etat. D’abord, relève-t-il, c’est illégal. Ensuite, poursuit-il, «je ne vais pas prendre la responsabilité de confier les élèves de Yavuz Selim à l’Etat du Sénégal qui, selon lui, peine à gérer ses propres écoles». Aussi, tient-il à relever, «ce n’est pas sûr que les parents d’élèves vont confier leurs enfants à l’Etat». Pour lui, les parents «ont la liberté de choisir un modèle éducatif et que l’Etat n’a pas le droit priver à 3 000 enfants un enseignement de qualité». L’autre raison évoquée par M. Diagne, c’est qu’il ne fait pas confiance au gouvernement. «Rien ne nous dit qu’après, l’Etat ne va pas donner ces écoles à la Fondation Maarif», indique-t-il. Le Pca qui dit prendre acte de la décision du gouvernement regrette que le fruit de 20 ans de labeur soit ainsi compromis. «Nous sommes persuadés que ce n’est pas l’intérêt de l’école sénégalaise, ni du Peuple ni de l’image du Sénégal» qui ont guidé cette décision. Maintenant «que le mal est fait», l’administration, soucieuse du sort des 3 000 élèves des écoles Yavuz Selim, entreprend des démarches pour les recaser dans les autres écoles. Déjà, «le lycée Birago Diop a pris un nombre d’élèves, mais il a des limites», soutient M. Diagne. Le Pca de Yavuz Selim Sa propose une solution transitoire en mettant les infrastructures des écoles Yavuz Selim et le personnel enseignant à la disposition de ce lycée pour permettre aux élèves d’avoir une école. «Reste à savoir si la police va permettre à Birago Diop d’accéder aux locaux», indique M. Diagne.

517 Sénégalais envoyés au chômage
Madiambal Diagne s’est également arrêté sur le sort des 403 enfants issus de familles défavorisées et qui bénéficiaient de bourses. «Qui va payer leur scolarité à présent», s’est-il interrogé. Ce n’est pas tout. La fermeture va entraîner des pertes d’emplois. «Les 517 Sénégalais vont être au chômage. C’est triste, mais on ne peut rien y faire», se désole le Pca. M. Diagne a aussi évoqué le volet social du groupe Yavuz Selim. «Depuis quatre ans que je suis Pca, je n’ai jamais eu de salaire ni de dividende. Les recettes servaient d’achat de moutons de Tabaski pour les démunis, mais aussi de construire des daaras, des points d’eau pour des écoles publiques et de donner des secours durant la période de ramadan, entre autres», liste M. Diagne.
Mamadou Kébé, président des parents d’élèves, très amer, tient l’Etat responsable de cette situation. «Les élèves sont traumatisés et les parents désœuvrés», lâche-t-il avant de lancer un appel à l’Etat du Sénégal. «Il n’a qu’à trouver une solution. Lui seul peut résoudre ce problème et permettre aux élèves et aux parents de retrouver la sérénité», clame-t-il.
ndieng@lequotidien.sn

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