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Les familles religieuses de Tivaouane, Touba ainsi que les imams, prédicateurs et maîtres coraniques du Sénégal apportent leur soutien au groupe scolaire Yavuz Selim. Suite aux propos du ministre de l’Education nationale, invitant les parents d’élèves à ne pas inscrire leurs enfants dans les écoles Yavuz Selim, les chefs religieux et les imams ont demandé à Serigne Mbaye Thiam et au chef de l’Etat de reconsidérer leur décision. Pour eux, l’Etat ne doit pas nuire aux intérêts de son Peuple et doit les préserver quelle qu’en soit la raison.

Le fils du khalife général des Tidianes, Ahmed Tidiane Sy, Ahmed Saloum Dieng, représentant le khalife général des Mourides, l’abbé Georges de l’Eglise catholique, la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal ainsi que la Fédération nationale des écoles coraniques du Sénégal volent au secours du groupe Yavuz Selim. Hier soir, des dizaines d’imams et de maîtres coraniques sont venus apporter leur soutien et prier dans l’enceinte de l’école pour un retour à la normale. Des séances de récital du saint Coran et des prières ont ainsi été organisées.
Après les prières, l’imam Ahmet Dame Ndiaye, secrétaire général de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal, s’est adressé aux plus hautes autorités de ce pays. Il a demandé à l’Etat de reconsidérer la décision de fermer les écoles du groupe scolaire Yavuz Selim. Il estime que ces écoles ont largement contribué à hisser très haut le niveau de l’enseignement au Sénégal. «C’est un groupe qui a fait des résultats au niveau des concours et autres examens organisés par l’Etat du Sénégal. Comment peut-on décider de fermer des écoles comme ça ?», se demande-t-il, étonné. Pour l’imam, l’Etat doit préserver l’intérêt de la Nation et plus particulièrement des parents qui ont choisi ces écoles. «Moi je n’ai pas les moyens d’amener mon fils dans ces écoles, mais cela m’empêche pas de les défendre. Parce que cet établissement est d’utilité publique», indique-t-il.

«Préserver les intérêts de ses citoyens»
Poursuivant son propos, le prédicateur rappelle qu’un gouvernement ne doit pas penser à la place du Peuple car, estime-t-il, le chef de l’Etat n’est ni le plus intelligent ni le plus doué. Il est là parce que le Peuple l’a voulu. Par conséquent, relève-t-il, «il doit, avec les membres du gouvernement, traduire en actes les aspirations et volontés du Peuple et non imposer sa vision». Quelle que soit la raison, «le gouvernement se doit de préserver l’intérêt des élèves et leurs parents dans cette affaire», pense-t-il. Ce, d’autant plus que «les responsables de cette école n’ont jamais fait l’objet de plainte depuis qu’ils sont au Sénégal. Ils travaillent sans influence. Ils ne s’immiscent pas dans notre façon de vivre, notre religion et respectent les différentes confréries établies dans ce pays», commente l’imam Ahmed Dame Ndiaye. Or, révèle-t-il, dans ce pays, «il existe des établissements qui n’hésitent pas à s’immiscer dans nos croyances religieuses et dont l’objectif est de détruire l’islam confrérique qui est gage de notre stabilité. Et ça, le gouvernement le sait et ne fait rien pour que ça change», rouspète le guide religieux.
Le fils de Abdoul Aziz Al Amine a demandé à l’Etat du Sénégal de revenir sur sa décision et de laisser les Turcs continuer à gérer les écoles Yavuz Selim. Ahmed Tidiane Sy, parlant au nom du khalife général des Tidianes, dit apporter son soutien en tant musulman à ses coreligionnaires, victimes d’injustice. «Nous ne sommes pas des activistes, mais des musulmans qui observent la situation du pays, demandent aux autorités de savoir raison garder et de préserver les intérêts de ses citoyens», plaide-t-il. Ahmed Saloum Dieng, pour sa part, souligne que l’Etat ne doit pas prendre les biens de quelqu’un pour les donner à un autre. «Si des étrangers veulent faire de l’éducation, ils n’ont qu’à ouvrir leurs propres écoles et laisser le patrimoine d’autrui», recommande-t-il. Le chef religieux a profité de cette tribune pour louer les Turcs qui, selon lui, en plus de contribuer à l’éducation des enfants de ce pays, font dans le social. «Pendant le Magal de Touba, le Gamou, la Tabaski, le ramadan ou la Tamkharite, ils aident les familles religieuses de ce pays et les plus démunis. Donc, nous n’allons pas nous taire quand quelqu’un veut les affaiblir ou les fragiliser», promet-il fermement.
ndieng@lequotidien.sn

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