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Les hôtels cherchent un second souffle après avoir été durement touchés par la pandémie du Covid-19. L’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) a constaté hier le dispositif post Covid-19, une semaine après la réouverture des frontières aériennes.

L’hôtellerie est le symbole du tourisme mis à genou par la pandémie à coronavirus. Dans les couloirs rénovés, mais quasi vides du King Fahd Palace, seule une délégation de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) arpente les tapis rouges de cet hôtel 5 étoiles. Le manque à gagner est criard. Depuis la fermeture des frontières aériennes, le personnel de l’hôtel fonctionne au ralenti. Malgré la réouverture des frontières aériennes, la crise perdure. «Même si on a ouvert, les compagnies aériennes n’opèrent pas à plein régime. Air Portugal avait maintenu ses vols à partir du 15 (juillet), mais immédiatement avec les restrictions de l’Union européenne, cette compagnie était obligée de réduire à 2 ou 3 vols par semaine. La crise n’est pas terminée pour le King Fahd Palace et pour les autres non plus», s’est inquiété Pierre Mbow, directeur de l’hôtel.
Le tourisme est l’un des secteurs les plus touchés par le Covid-19. Systématiquement, les endroits de séjour des touristes ont subi les contrecoups de cette pandémie. «Entre janvier et février, nous tournions autour de 84% de taux d’occupation. On a eu une dégradation assez importante de l’activité avec la fermeture des frontières. Aux mois d’avril et mai, on est passé de 84% de taux d’occupation à entre 8 et 9%. Cela veut dire que l’hôtel était quasiment vide. On n’avait juste que quelques clients qui étaient bloqués ici», a souligné Souleymane Douta Seck, directeur de l’hôtel Radisson Blu, qui chiffre à une «centaine de millions» les pertes financières de son établissement depuis l’instauration des mesures contre le Covid-19.
Cependant, M. Seck se veut optimiste : «Nous avons espoir, parce qu’avec la réouverture des frontières et le dispositif sanitaire opérationnel au niveau de notre établissement, on commence à avoir une hausse du taux d’occupation qui est passé quasiment à 15%. On a bon espoir que cela va se poursuivre pour les prochains mois.» De l’espoir qui est nourri aussi au King Fahd Palace. «Notre taux d’occupation varie entre 15 et 30%. Malgré l’ouverture des frontières, ça ne s’arrange pas pour le moment. On mise sur le tourisme intérieur et régional», dit Pierre Mbow.
«Remettre en marche la machine»
Le directeur général de l’Aspt et sa délégation ont sillonné les hôtels Radisson Blu, Yaas, King Fahd Palace, Terrou Bi, Pullman et des agences de voyage. Visage en sueur, Pape Mahawa Diouf se dit néanmoins rassuré : «Dans tous les hôtels, nous avons vu un secteur privé hôtelier et de la restauration à pied d’œuvre pour remettre en marche la machine dans les conditions de sécurité et de sûreté. Nous pouvons dire que ce sont des lieux que nous pouvons fréquenter de nouveau pour nos séminaires, réunions importantes dans le service public comme dans le service privé, mais aussi pour des moment de partage en famille.»
Alors que l’Union européenne a fermé ses frontières au Sénégal, le Dg de l’Aspt soutient que le pays est une destination touristique crédible. «Il faut que le monde entier soit au courant que le Sénégal, dans ses services comme dans ses produits touristiques, est dans les standards internationaux. Nous sommes un pays à qui on peut faire confiance en matière de consommation touristique», a déclaré Pape Mahawa Diouf.

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