PARTAGER

Les membres du comité scientifique, du comité d’organisation, l’administratrice du Festival national des arts et cultures (Fesnac) et les directeurs des centres culturels régionaux se sont réunis hier à l’hôtel Océan, pour procéder à l’évaluation du Fesnac qui a été organisé en décembre 2017 à Louga. Depuis sa naissance en 1997, les participants ont noté qu’il y a des couacs dans l’organisation Fesnac. Aussi, le ministre de la Culture, qui a ouvert cette réunion, a-t-il émis l’idée d’un retour vers une manifestation bisannuelle et non annuelle.

L’heure était au bilan hier ! Plusieurs mois après l’organisation de la 10e édition du Fesnac (Festival national des arts et cultures) à Louga, les membres du comité scientifique, du comité d’organisation, l’administratrice du Fesnac, et les directeurs des centres culturels régionaux se sont réunis pour procéder à une évaluation de ce qui s’est passé en décembre dernier à Louga. Si pour certains participants il y a lieu de s’en féliciter, la plupart d’entre eux ont plutôt posé un regard critique sur le déroulement du Fesnac, en général. Relevant les manquements notés jusque-là et empêchant la bonne marche de ce festival.
Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, n’a pas lui-même manqué d’en mentionner certains. «Il y a des problématiques majeures qui se posent et qui sont liées à la gouvernance du Fesnac», a-t-il fait savoir. A côté, il a aussi souligné les problèmes d’ordre pécuniaire qui l’amènent à penser à un nécessaire retour vers à un festival bisannuel et non annuel. «Le Fesnac était conçu à l’origine comme étant une biennale. La question est de savoir, est-ce qu’on ne peut pas agréger le budget qu’on met pour chaque année pour retourner au concept de biennale qui permettait d’être plus efficace, efficient tant du point de l’animation scientifique, artistique qu’au niveau des résultats globaux et de l’accompagnement des lauréats qui sortent de ces manifestations», soutient le ministre.
Etant un festival «assez lourd», qui regroupe 14 régions dans un même endroit, pendant une dizaine de jours avec la participation de beaucoup de jeunes venant de partout, le Fesnac n’est donc pas du point de vue du ministre «une mince affaire». Bien au contraire, «c’est une grosse machine qu’il faut mettre en place et qu’il faut organiser».
La réunion d’évaluation de la 10e édition du Fesnac est donc l’occasion de réfléchir sur les axes, les orientations à donner à ce festival afin de le remettre sur les rampes les éditions à venir. Le ministre a sous cet angle exhorté donc les participants à avoir une bonne méthodologie, beaucoup de rigueur et un esprit de dépassement. «Il s’agit de faire une analyse critique, un diagnostic intégral et sans complaisance pour une amélioration de ce que nous avons fait et de ce que nous avons l’ambition de faire. L’organisation du Fesnac, l’animation scientifique, artistique (résumé). Je m’attends à ce que cette évaluation soit bonne dans la perspective qui se dessine pour nous ; le renouveau de la politique culturelle au Sénégal», a-t-il indiqué.
Administratrice du Fesnac, Fatou Sidibé Guèye Diallo, s’est alignée sur les propos du ministre. Pour elle, le Fesnac a besoin de regard critique pour sortir de l’ornière. Et en ce sens, elle a proposé une réflexion sur une manifestation bisannuelle. «Depuis que le Fesnac est annuel en 2015, on se pose toujours la question de savoir : est-ce qu’on a les moyens de continuer sur l’annuel ?». Outre les soucis pécuniaires, Mme Diallo a aussi évoqué des problèmes institutionnels. «Le Fesnac est même instable sur le plan institutionnel. Parfois à une semaine (du Festival), on ne sait même pas la date qu’il faut retenir. On finit de faire les casquettes, banderoles… on repousse la date», détaille-t-elle. En termes de contenus (activités scientifiques et artistiques), il y a aussi à revoir, selon Mme Diallo, qui espère voir un jour le président de la République présider l’ouverture du Fesnac, étant donné qu’elle est une activité d’envergure nationale. En tant qu’espace de dialogues, de convergences qui favorise des moments de partage, de créations artistiques, le professeur Ibrahima Wane, quant à lui, espère qu’on accorde «plus de dignité» au Fesnac.
Les directeurs des centres culturels régionaux ont, quant à eux, plaidé la cause des lauréats qui la plupart ne bénéficient pas d’une véritable promotion. «Pourquoi, selon-vous, le Fesnac n’attire plus les meilleurs artistes des régions ? C’est l’argent», a lancé le ministre de la Culture. Sacré argent ! De nerf de la guerre, il devient nerf… de l’art !
aly@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here