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La 17e édition du festival international de courts métrages d’Abidjan, le Clap Ivoire, s’ouvre officiellement cet après-midi. En attendant, le Comité d’organisation accueille depuis hier les premiers réalisateurs et autres directeurs de cinéma qui arrivent dans la capitale ivoirienne. Ravis de participer au Clap Ivoire, les premiers venus livrent leurs impressions et attentes.

Mines radieuses, pancarte à la main, Lidia et Nadège, les préposées à l’accueil, reçoivent et orientent les premiers réalisateurs qui ont foulé le tarmac de l’aéroport Houphouët Boigny pour les besoins du Clap Ivoire 2017. L’instant d’une courte accolade et des salamalecs d’usage, le journaliste Yaya Fofana et un community manager, interrogent le directeur de la Cinéma­to­graphie du Sénégal Hugues Diaz, tout en s’acheminant vers le bus garé devant l’aéroport. A l’intérieur, les réalisateurs béninois et maliens, con­for­tablement installés, nouent déjà le contact entre eux et attendent l’arrivée des autres convives. Les deux représentants du Sénégal sont attendus dans l’après-midi (Ndlr, hier). Parti­ciper au clap Ivoire est pour eux une belle opportunité de découvrir la ville de Houphouët Boigny pour la toute première fois. «C’est aussi une belle expérience», commentent certains.
En fond sonore du bus qui les achemine à leur hôtel, la musique de l’artiste malienne, Oumou Sangare, résonne. Les langues se délient. Yaya du Benin, parle du court métrage qui l’a amené «Mon Androïd est un court-métrage qui sensibilise sur l’usage abusif des smartphones, ça a ses avantages mais il ne faut pas qu’on abuse aussi», dit-elle à propos du sa fiction qui a été sélectionnée au clap 2017. La jeune réalisatrice, qui a décroché sa licence il y a juste un an, est en compagnie d’une compatriote, Fidèle Kossou. Journaliste radio à Porto Novo, Fidèle, malgré sa petite taille, porte haut la voix de la capitale béninoise tout comme le suggère le nom de sa radio au Bénin. Elle est la réalisatrice du film Mon repos ma vie, un documentaire qui parle de l’importance du repos dans la vie. «C’est bien de travailler mais sans se donner du repos, c’est le danger. Plusieurs maladies sont causées par le manque de repos», explique-t-elle, toute ravie de découvrir la Côte d’Ivoire ainsi que le Clap Ivoire. Mais elle s’attend surtout à ce que son documentaire y reçoive un bel accueil. «J’aime­rais que ce film change les habitudes, qu’en voyant ce film, les gens essayent de se réorganiser», plaide-t-elle.
Auteur de la fiction Les mensonges de Mariam, le malien, Adama Sidibé, n’en attend pas moins à la projection de son court-métrage sélectionné. Epui­sé par le voyage, il consent tout de même à donner ses impressions et à parler de ce film qui plaide pour une meilleure éducation des enfants. «La multiplication des postes téléviseurs dans nos foyers et la recherche du pain quotidien, font que les parents ne consacrent plus du temps à l’éducation des en­fants», dit-il. Nostalgique des veil­lées traditionnelles, des contes et autres aspects de la tradition africaine, ce jeune réalisateur a donc fait ce film dans lequel il aborde les méfaits d’une éducation ratée. C’est son premier court-métrage mais il se félicite de l’état du cinéma au Mali. «Un cinéma qui se porte bien», mentionne-t-il se réjouissant qu’il y ait beaucoup de structures qui aident les jeunes qui veulent faire du cinéma. Tout le contraire chez le représentant du Togo. Après quelques heures d’attente, Gilbert débarque avec sa frangine du Togo. Il monte dans le bus et envoie des quolibets ça et là. Auteur de Brigitte, Gilbert aborde dans sa fiction, l’amour familiale. Son intention étant d’attirer l’attention de ses ainés qui sont dans le cinéma. «Nous sommes dans un cercle fermé et le cinéma n’a pas encore vraiment pris son envol dans notre pays. Il faut qu’on s’entraide», plaide-t-il.

Les attentes des jeunes
Sortis fraichement de l’école pour la plupart, ces jeunes réalisateurs venus de différents pays d’Afrique attendent beaucoup du Clap Ivoire. Ils ont chacun leur regard mais sont tous curieux de découvrir, découvrir encore et surtout échanger. L’échange est d’ailleurs le mot qu’ils portent tous. Outre ces courts métrages qui seront projetés, d’autres viennent du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Cap-Vert, de la Gambie, du Ghana, du Liberia, du Nigeria, de la Sierra-Leone et du Sénégal. En somme, une riche programmation pour cette édition 2017 du Clap Ivoire. Après l’ouverture officielle cet après-midi, des ateliers sur la tenue de la camera, le doublage, une conférence sur l’adéquation entre production cinématographique et goût du public, suivront le mercredi et le jeudi. Outre la série de projections annoncée, le Clap ivoire accueillera également une table ronde des directeurs de cinématographie de la sous-région. Leur rencontre portera sur une harmonisation des politiques et la réglementation du cinéma dans les pays membres de l’Uemoa. Vendredi prochain, le clap ivoire sera clôturé avec l’énoncé du Palmarès lors d’une cérémonie, en présence du ministre Ivoirien de la Culture et de la francophonie, Maurice Kouakou Ban­daman. Les prix des meilleurs films toutes catégories confondues seront remis, celui de la meilleure fiction, du meilleur documentaire, de la meilleure interprétation féminine et masculine, du meilleur montage, du meilleur son, de la meilleure photographie…  L’édition 2017 du Clap Ivoire est donc partie pour être la fête africaine du court métrage.

aly@lequotidien.sn

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