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Le Sénégal sera représenté à la 18e édition du Festival international du film de Marrakech (Fifm) par Baamum Nafi (Le père de Nafi). Le Film de Mamadou Dia est en lice parmi une sélection internationale de 14 films, pour remporter l’Etoile d’or du festival prévu du 29 novembre au 7 décembre. Le film qui a été tourné dans le nord du Sénégal, raconte une histoire singulière qui a valu à son auteur plusieurs distinctions dans plusieurs festivals. En effet, au Festival de Locarno en suisse, Mamadou Dia s’est vu décerné le Léopard d’or du meilleur premier long métrage et le Léopard d’or de la section Cinéaste du présent. Plus récemment, c’est au Festival du film francophone de Namur que le jeune réalisateur a obtenu le Prix Découverte. «Baamum Nafi imagine la mainmise d’un groupe extrémiste sur une petite ville du Nord du Sénégal. Le film est tout d’abord une introspection familiale. C’est l’histoire de deux frères qui ont des vues divergentes à propos du mariage de leurs enfants. J’essaie d’allier expériences personnelles et thèmes généraux. En grandissant au Fouta, j’ai vu mes sœurs et cousines se marier très tôt. Cela marche souvent et à d’autres moments, cela ne marche pas. Auquel cas, la cellule familiale en prend un coup. Ensuite, que se passerait-il si le mariage comme rite est corrompu dans son essence. Souvent le mariage se fait à très court délai, étant aussi parfois une décision communautaire», expliquait le réalisateur il y a quelque mois au Quotidien au lendemain de son sacre à Locarno. Baamum Nafi, qui met à l’affiche de grands noms du cinéma sénégalais comme Alassane Sy et Saikou Lô aux cotés de jeunes acteurs sans expérience, évoque également des questions politiques. «Le côté politique du film vient de mes expériences de visite du Mali avant et après l’invasion de Tombouctou. Personne n’a semblé voir venir les choses. Même chose quand je terminais mes études à New York et que Donald Trump s’est fait élire. Ce fut un choc. Et à chaque fois, après réflexion, l’on se rend compte qu’il y a eu des signes que l’on a décidé d’ignorer ou de ne pas voir. C’est donc nous dire que le progrès n’est jamais fini comme le dit Zadie Smith. Nous devons rester constamment vigilants. Baamum Nafi a été tourné au Sénégal où il n’y a pas eu d’attaques. C’est une situation qui pourrait rappeler le Mali ou le Nigeria», explique M. Dia.
Cette année, le Festival du film de Marrakech propose une sélection éclectique, «qui met à l’honneur plusieurs univers cinématographiques originaires de différentes régions dans le monde avec 3 films européens (Ro­yaume-Uni, Italie, Serbie), 2 films d’Amérique latine (Brésil, Colombie), un film américain, un film australien, 3 films asiatiques (Chine, Inde, Corée du Sud), et 4 films issus de la région Mea (Maroc, Tunisie, Arabie saoudite, Sénégal). Sur les 14 films en compétition, cinq sont réalisés par des femmes», notent les organisateurs. L’Aus­tralie, pays invité d’honneur de cette édition, va faire découvrir son cinéma par 25 films. Des films d’auteurs, de grands classiques et des succès populaires.
A Marrakech, le film de Mati Diop, Atlantique, sera également projeté dans la sélection «11e Continent». Atlantique, qui vient de remporter le Tanit d’argent aux Journées cinématographiques de Carthage, a été choisi pour représenter le Sénégal aux Oscars 2020.

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