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Comme chaque année depuis maintenant 27 ans, Saint-Louis vit depuis hier vendredi et ce, pendant une semaine au rythme du jazz. La vieille ville lance en effet la 27ème édition de son Festival international. Pour satisfaire le public, les responsables de la programmation ont concocté un programme inédit avec un accent particulier sur les femmes.

Initié en 1993, le Festival international de jazz de Saint-Louis sera l’évènement culturel majeur au Sénégal de 26 au 30 avril. Les amoureux du jazz venus des quatre coins de la ville, de l’intérieur du pays et surtout de l’étranger se donneront encore une fois rendez-vous à la mythique Place Faidherbe pour vivre des moments inoubliables en compagnie des spécialistes de cette musique dite élitiste et qui désormais a élu domicile à Saint-Louis.
Pendant cinq jours, la ville tricentenaire sera le lieu de convergence de plusieurs milliers de personnes aux objectifs bien différents. Si certains en effet s’apprêtent à vivre d’intenses mo­ments de musique, d’autres par contre seront plus intéressés par les activités économiques dans une ville bouillonnante où la foire artisanale installée à la Place Faidherbe et celle commerciale au quartier nord rivaliseront.

Une programmation inédite
S’il y a une chose qui intéresse au plus haut point les férus de jazz à la veille du top départ du Festival international de jazz de Saint-Louis, c’est bien la programmation dont le contenu peut influencer la décision de plusieurs mélomanes sur l’opportunité ou non de se déplacer à Saint-Louis. Pour l’édition 2019, les responsables ont mis les petits plats dans les grands. Ils ont dû en effet fouiller dans leurs carnets d’adresses et pris l’attache de bien de spécialistes pour concocter un menu digne de ce nom aux futurs festivaliers. La programmation de cette année sera inédite à plus d’un titre, l’Association Saint-Louis jazz ayant jeté son dévolu sur des artistes qui seront pour la plupart sur la scène de la Place Faidherbe pour la première fois.

Le Luxembourgeois David Laborier et la Suissesse Véronika Stalder pour ouvrir le bal  
Pour lancer l’édition 2019 du Festival international de jazz de Saint-Louis, l’Association Saint-Louis jazz a porté son choix sur deux musiciens de classe mondiale dans le strict respect de la parité. Ils seront en effet deux à monter sur scène, un homme et une femme. Pour les premières notes de cette édition, la programmation propose au public le Luxembourgeois David Laborier. Guitariste et compositeur, cet artiste qui a fini de se faire une place sur la scène mondiale du jazz est très respecté aussi bien dans son pays qu’à l’étranger. Auteur de plusieurs albums personnels, il a également participé à la réalisation d’autres albums avec l’orchestre de jazz de son pays alors que trois de ses arrangements figuraient sur l’album Sings de la diva béninoise Angélique Kidjo avec l’Orchestre Philharmonique Luxembourg, dirigé par Gast Waltzing, un album qui a remporté un Grammy en 2016 dans la catégorie «Meilleur album de musique du monde». Son choix n’est donc pas fortuit pour ouvrir le bal dans la nuit du 26 avril.
La Suissesse Véronika Stalder lui succédera sur scène pour un jazz fusionne, fait de chants ethniques, de folk et classique. Son passage sur scène sera une découverte pour le public qui profitera certainement de son style vocal unique, mais aussi de son expérience glanée avec les nombreuses tournées qu’elle a déjà effectuées dans presque tous les cinq continents. Chanteuse et multi-instrumentiste, Véronika s’est construite une renommée internationale. Ses nombreux voyages à travers le monde lui ont permis de «connecter les cultures et les gens» à travers la musique. Sa renommée ne se discute pas, car elle a collaboré avec Serj Tankian (System of a down) pour la bande originale du film The promise (2017-Terry George) sur le génocide arménien. Elle est aussi la chanteuse du groupe arméno-russe Ethno Jazz Authentic Light Orchestra et a remporté plusieurs prix, dont celui du Russian world music award 2016. Son propre groupe, Ndiigo, est un melting-pot de chanteur. Maîtresse dans l’art de l’improvisation qu’elle maîtrise avec aisance, elle joue du violon, de la musique traditionnelle et folklorique, mais aussi de la guitare.

Honneur aux dames    
Outre Véronika Stalder, plusieurs femmes seront à l’honneur au cours de cette édition 2019 du Festival international de jazz de Saint-Louis. Deux d’entre elles seront sur scène pour l’acte deux. Ce samedi, la Canadienne Nancy Ruth sera sur scène. Chanteuse, compositrice et interprète, elle a voyagé dans le monde entier avec une présence théâtrale puissante. Elle est attendue pour son habituel cocktail de jazz, de latin et de flamenco. Son expérience glanée grâce à ses multiples voyages et ses prestations dans les plus grandes salles du monde seront sans doute un atout à faire prévaloir sur la scène de la Place Faidherbe.
Elle sera relayée par Manou Gallo, une chanteuse originaire de Divo, une localité du centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Montée sur scène pour la première fois à 12 ans, Manou a commencé par le théâtre avant de se lancer dans la musique. Bassiste redoutable et chanteuse confirmée, elle a côtoyé de grands noms de la musique africaine et s’est forgée du coup une bonne réputation qui lui a permis de jouer un peu partout.
L’auteur, chanteuse, compositrice et instrumentaliste griotte mauritanienne, Noura Mint Seymali, sera aussi à l’honneur à la Place Faidherbe. Sur les plateaux depuis l’âge de 13 ans, d’abord dans les chœurs en compagnie sa belle-mère, elle chante et joue de la «ardin», un instrument à cordes traditionnel. Elle partagera avec le public de Saint-Louis ses expériences au Global fest des Etats-Unis, au Festival du désert au Mali, et au Hayy festival en Egypte.
L’Italienne Maria Pia De Vito sera aussi de la fête : Née en 1960 à Naples, en Italie, elle a étudié l’opéra, le chant contemporain, la théorie musicale et l’harmonie. Elle a débuté sa carrière musicale en 1976 en tant que chanteur et guitariste (puis pianiste) dans des groupes folkloriques spécialisés dans la musi­que populaire de la Méditer­ranée et des Balkans. Instru­mentiste confirmée, elle joue de la guitare, de la mandoline et divers instruments de percussion. Elle est active sur la scène du jazz depuis 1980 en tant que chanteuse. Vocaliste à la technique très originale, elle est tout autant passionnée par le jazz que la musique traditionnelle ou classique. Une découverte pour le public de Saint-Louis jazz 2019.
Indra Rios Moore complétera le tableau des femmes sur la scène «in» de la Place Faidherbe. Fille d’un bassiste de jazz afro-américain-syrien, elle est l’interprète de la célèbre chanson Carry my heart. Sa discographie influencée à la fois par des airs classiques et de pratiques de vocalisation d’une part et d’autre part par des mélodies traditionnelles américaines et de vieilles chansons folkloriques des Balkans, elle sera en trio avec son mari et son ami bassiste Thomas Sejthen. Un trio qui, dit-on, a fait des émules au Danemark et en Scandinavie.
A côté de ces femmes plus nombreuses cette année, Lorenzo Naccarato, en trio, sera également à l’affiche. Fondé en 2012 avec Adrien Rodriguez et Benjamin Naud, Lorenzo Naccarato Trio s’est fait connaître sur les scènes de jazz et dans différents festivals. Pas besoins alors pour les amoureux du jazz de se faire des soucis sur le talent de ce trio qui plongera sans doute le public dans l’univers du jazz et des musiques actuelles pour marquer de son empreinte son retour à Saint-Louis.
L’Orchestre national de jazz du Sénégal apportera aussi sa touche à Saint-Louis jazz 2019. Avec son impressionnant effectif de 30 membres dont 22 musiciens et 3 techniciens d’éclairage, il dispose d’une section jazz (Jazz on) qui sera sans doute mise à profit pour un jazz qui s’inspire fortement du patrimoine musical sénégalais, mais qui exploite également des standards en mettant en avant les instruments traditionnels sénégalais. Sa présence sur scène sera un remake.
Lao Tizer Band sera le deuxième grand groupe à se produire à la Place Faidherbe. Son déplacement à Saint-Louis sera remarqué compte tenu de la qualité des musiciens qui le composent. Tous des pros aux dents longues qui, pour la plupart, ont déjà un Grammy en poche. Les férus de jazz seront bien servis, car le groupe a une très bonne expérience et est habitué aux grands rendez-vous du jazz.

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